Culture

Septième art – Le feuilleton OMACI continue de créer la confusion

La cacophonie entre l’Omaci et le MCC continuera  à se faire entendre encore au cours des semaines à venir.

L’abrogation de la loi portant sur les activités de l’Office malgache du cinéma (Omaci) a conduit à sa fermeture. Le fossé entre les cinéastes nationaux et l’État ne cesse de s’agrandir.

Laissant toujours la majorité du public dans l’incompréhension la plus totale concernant les faits, c’est, désormais, à coups de bataille médiatique ardente, qui tend vers une bataille juridique également, que la guerre froide entre l’Office malgache du cinéma (Omaci) et le ministère de la Communication et de la culture (MCC) fait rage. De quoi laisser le milieu du septième art national dans l’expectative d’un renouveau consensuel et d’une compréhension réciproque entre eux.
Si la semaine dernière, il a été annoncé, d’une manière officielle, que l’Omaci est, désormais, sous la direction du MCC par le biais de Francis Alexandre Razafiarison, directeur général de la Culture, ils sont encore une communauté d’irréductibles acteurs, réalisateurs et producteurs à réclamer la révision de cette décision, qui a conduit à l’abrogation de la loi 2017 – 011 portant sur la « Politique nationale du cinéma et de l’image animée ». Dans toute cette échauffourée, le premier concerné, Bon-Temps Ramitandrinarivo, alors directeur de l’Omaci, reste le plus silencieux, disparaissant même des radars des médias.
Ses mots se sont fait relayer, puisque selon Mahefa Serge Herimanantsoa, administrateur au sein de l’Omaci « Cet acte aura de grandes répercussions sur
l’industrie naissante du cinéma national, qu’on a contribuée à forger au bout de quinze ans d’existence maintenant. Ce que le ministère ne comprend pas, c’est que l’essence même de cette loi c’est juste l’instauration d’une structure appropriée pour la gestion du cinéma et de l’audiovisuel national ». De son côté, toute une communauté d’artistes fait face à l’Omaci, scandant toujours une tentative de mainmise de sa part sur tous les droits d’auteurs.

Valide ou non valide
Ayant alors pris ses fonctions, le directeur général de la Culture reste assez vague sur les fondements de cette loi et les raisons de son abrogation. « Le cas de l’Omaci a toujours été l’une de nos priorités, que l’on a toujours eu échos de nombreuses complications autour de cette loi. Il importe donc de savoir que la décision du ministère de l’abroger ne va pas à l’encontre d’aucune procédure légale, car cela a été validé en Conseil des ministres, mais aussi après de longues concertations avec des juristes », souligne Francis Alexandre Razafiarison.
Ce à quoi les anciens membres et cinéastes affiliés à l’Omaci rétorquent que le principal problème actuel réside dans le fait que le MCC, malgré ses dires, va à l’opposé de la loi. Selon eux, l’abrogation de cette loi et donc la fermeture de l’Omaci a été effectuée suite à une note du ministère de tutelle, alors qu’elle a été votée et ratifiée à l’Assemblée nationale. À l’heure actuelle, la problématique autour de la validité de cette loi reste toujours aussi incompréhensible que les raisons pour lesquelles l’Omaci a tenu à s’émanciper de l’Office malgache des droits d’auteurs (Omda) auquel elle a été rattachée à la base. Affaire à suivre !