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Editorial

Le gendarme en balade

Fréquenter des gendarmes pendant des mois voire des années sans en être un et sans se faire remarquer malgré une allure bedonnante , voilà l’exploit singulier réalisé par un faux gendarme à Foulpointe. Pendant son passage parmi les « siens » il a pu arnaquer plusieurs personnes faisant valoir son statut de gendarme principal de deuxième classe.

Une situation cocasse qui rappelle le fameux film de Jean Girault intitulé « Le gendarme en balade » sorti en 1970 et joué par des monstres sacrés du cinéma français entre autres Louis de Funès, Mihel Galabru, Jean Lefebvre…

Le faux gendarme a vécu à Toamasina prétendant faire partie de la 72 éme promotion des sous officiers sortis à l’école d’Ambositra. Il s’affiche avec une tenue en bonne et due forme, s’exhibe avec un kalachnikov, fait des selfies partout. Le pot aux roses fut finalement découvert à Foulpointe mais il a déjà pu faire des dégâts partout où il passait.

Une histoire incroyable qui montre combien la sécurité est vulnérable. Il suffit d’avoir les accoutrements d’un gendarme ou d’un policier pour se faire passer pour un vrai et tout le monde est bluffé. La question est de savoir où a-t-il pu se procurer des tenues, de l’arme de guerre, des accessoires d’un gendarme ? Tout cela n’est pas en vente dans les magasins. Le treillis comme l’AK 47 ne peuvent se trouver que dans un camp militaire.

Il ne faut pas chercher loin d’où vient la prolifération des armes utilisées par les bandits. Certaines sont peut-être en location car si les bandits ont de quoi se payer un kalachnikov, il ferait autre chose.

La gendarmerie ne doit pas être un refuge des bandits. Beaucoup d’efforts ont été consentis pour assainir le milieu à l’époque du général Richard Ravalomanana où plusieurs gendarmes étaient radiés sinon mis en prison. Son successeur le général Serge Gelle, lui même parti du plus bas de l’échelle ne tolère ce genre de « promotion ».

Il faut ainsi renforcer le contrôle depuis les recrutements. Pourquoi ne pas instaurer un test de moralité à tous les candidats pour ne pas avoir à faire un toilettage a posteriori. Une manière de sélectionner ceux qui ont une véritable vocation pour embrasser une carrière de gendarme et éviter le fait que dans une gendarmerie quand un gendarme rit, tous les gendarmes rient.

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