PERSPECTIVES - Le taux de croissance économique remis à flot


Malgré un contexte international difficile et des considérations internes compliquées, Madagascar devrait terminer l’année avec un taux de croissance économique dans la fourchette des prévisions. Un acquis confirmé. Hier, à l’immeuble Cador, au carrefour d’Ambatonakanga, devenu un haut-lieu des bonnes nouvelles, Mokthar Benlamine, représentant résident du Fonds monétaire international, FMI, en présence de Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, la ministre de l’Économie et des finances, et du gouverneur de la Banque Centrale, Aivo Andrianarivelo confirment l’octroi des 32,6 millions de dollars par le FMI. Une contribution pour l’aide budgétaire qui s’inscrit au titre de la troisième tranche de la Facilité élargie de crédit, FEC. Qui porte à 195,5 sur les 312 millions de dollars de la totalité, le montant des décaissements depuis le 12 février 2021. Un programme qui va s’étaler jusqu’à mai 2024. Prenant la parole au cours d’une conférence de presse tripartite, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, a focalisé son intervention sur un point essentiel. « Si dans sa globalité, l’analyse du FMI, a prévu un recul de la progression économique pour de nombreux pays, Madagascar devrait atteindre un taux de croissance économique de 4,9% en termes réels du Produit intérieur brut, 4,2 selon les prévisions du FMI. Pour une raison évidente. Par la marche inéluctable vers la transition énergétique, Madagascar va augmenter de façon conséquente ses exportations, de l’ordre de 73%, en matière de nickel, cobalt et graphite, des matières premières très demandées aujourd’hui sur ce marché en pleine expansion. Les exportations des textiles, habillements et accessoires, THA, vont aussi y contribuer d’une manière efficiente pour soutenir cette croissance attendue ». Il se peut aussi que l’affluence des touristes étrangers, sur une pente ascendante, sans être encore à son apogée, participe à cette vraie reprise de l’économie multisectorielle. Quelque bémol Elle précise « qu’en termes de rapatriement de devises, ces produits du secteur extractif génèrent 70% contre 17% pour la vanille. D’où leur importance. Le THA rapporte 35% de l’ensemble ». Mais avant ce beau tableau dressé par Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, Mokthar Benlamine a énoncé quelques bémols. « L’évaluation de la troisième revue de la FEC (Facilité élargie de crédit) a été mitigée. Car des critères de performances n’ont pas été atteints. Comme le niveau des recettes fiscales. Et le niveau encore trop bas des dépenses budgétaires allouées aux quatre ministères sociaux que sont l’éducation nationale, la santé publique, l’eau-assainissement et hygiène, la population et la promotion féminine ». Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison s’empresse alors de dévoiler que plusieurs autres aspects des rouages macro –économiques ont été appréciés à leurs justes valeurs par le Conseil d’administration du FMI. « En premier lieu, la gestion de la dette. Les emprunts n’ont jamais dépassé les prescriptions du FMI. Nous avons des offres de financement de 4,460 milliards de dollars mais les dettes ne peuvent aller au-delà des 800 millions de dollars. Puis l’avoir net intérieur du Trésor public a été aussi respecté. Ensuite la transparence dans les statistiques budgétaires a été effective. Nous avons pu publier à temps les tableaux mensuels des dépenses, la liste es paiements au titre de la Jirama, la mission budgétaire de la Cour des comptes qui renforce ses marges de manœuvres vis-à-vis du ministère de la Justice et l’instauration de l’Agence de recouvrement des avoirs illicites, ARAI ». La principale raison de la perplexité dans le FMI dans ses évaluations vient du déficit primaire. La mesure simplifiée des recettes et des dépenses de l’État. Celui-ci ne devrait pas dépasser les 0,46% du PIB. Mais il a été de 0,53 au moment des estimations qui se basent sur les critères de performances à la fin du mois de juin de l’an passé.  
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