DIANA - Vers le partage équitable des avantages des aires protégées


La région Diana possède dix-neuf aires protégées dont la superficie est estimée à 2 367 026 hectares, soit 33,4% de la superficie totale des aires protégées de Madagascar. En général, les aires protégées, avec leurs faune et flore sauvages ou endémiques, sont des produits à haute valeur commerciale. Ces ressources renouvelables sont une source de revenus à travers les activités écotouristiques, commerciales, des produits artisanaux locaux, des produits de consommation et d'autres produits utiles aux communautés rurales. Cependant, la protection de plusieurs aires protégées est compromise à cause principalement de l’augmentation de la population. Plusieurs autres facteurs menacent la gestion des aires protégées, notamment le manque de ressources financières pour assurer leur conservation à long terme. Au cours des dernières décennies, la communauté internationale s’est mobilisée pour créer un consensus autour de la nécessité de concilier la conservation des ressources naturelles et le développement économique et social. Plusieurs conventions, complétées parfois par des protocoles, ont été signées en vue d’inciter les Etats à trouver des solutions à la surexploitation des écosystèmes naturels. Citons entre autres le protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation, adopté en 2010. Compte tenu des erreurs du passé, il apparaît indispensable de repenser non seulement le choix des zones à conserver mais aussi les approches de gestion qui doivent concilier conservation et satisfaction des populations locales . C’est dans cette optique que le projet décentralisé « Kobaby », qui signifie en dialecte du Nord « protéger, ou prendre soin », allie les objectifs de conservation et développement en renforçant les aires protégées pour qu’elles soient le pivot du développement local dans la région Diana. Le projet a démarré en juillet 2018 et prendra fin en 2024, bénéficiant du soutien financier de la France, via l’AFD, l'Agence Française de Développement et mis en œuvre par la Direction régionale du ministère de l’environnement et du développement durable, (DREDD) Diana. Subventions Il a octroyé des subventions à six gestionnaires de neuf aires protégées (Lokobe, Montagne d’Ambre, Ankarana, Montagne des Français, Andrafiamena Andavakoera, Ambodi­vahibe, Oronjia, Ankivonjy, Ankarea), et à quatre agrégateurs de filières pour la promotion des quatre filières dont le riz parfumé, le miel, fruits, pêche, lesquels représentent une de ses contributions au développement économique et territoriale dans la Diana. De fait, vingt-six communes riveraines aux neuf aires protégées et aux paysages de mangrove de la région sont les principales bénéficiaires du projet. La pérennisation des résultats ou impacts du Kobaby repose sur le renforcement de la gouvernance ou la gestion des aires protégées et le partage équitable des avantages générés par ces sites . Ainsi, le projet Kobaby, actuellement à mi-parcours, a organisé, du 9 au 11 mars dernier à Nosy Be , un atelier d’envergure national intitulé « Partage équitable des avantages des aires protégées ». Il s’agissait d’une rencontre des parties prenantes, composées des gestionnaires d’aires protégées ; promoteurs de filières durables ; représentants des communautés de base (VOI) œuvrant en périphérie des aires protégées, autorités locales et régionales, représentants des secteurs environnement, pêche et tourisme, dans l'objectif d’évaluer l’avancement de la gouvernance et de la gestion des aires protégées et des activités de développement économiques visant à les renforcer, valoriser et pérenniser, car elles sont actuellement les pivots des stratégies de développement économique des territoires ruraux. Comme il s’agissait d’une première rencontre à Madagascar sur ce sujet , une délégation ministérielle, conduite par le directeur général de la gestion environnementale, Rina Razafindraibe, est venue . Le gouvernorat de la région Diana était aussi représenté par son directeur de l’administration générale régionale Jafimanjo. Ils étaient entourés par le préfet de police de Nosy Be , Malaza Ramanamahafahay… Mention particulière pour la présence du maire de la commune rurale de Fihaonana Analamanga, qui a partagé ses expériences sur l’exploitation de l’eau de source d’Andranovelona et le président du VOI Tantely (Vondron’olona ifotony) à Tsaranoro,commune rurale de Vohitsaoko- Ambalavao , qui a fait sa première aventure en avion et s'est senti heureux parce qu'il a vu la mer pour la première fois. Il a aussi partagé la réussite de son association quant à la gestion de son aire protégée , principal garant de sa pérennité. Couplage Concernant la méthodologie choisie , l’atelier a été animé par un modérateur expérimenté en la matière, Arison Vonjy. Après l’ouverture officielle et la présentation des objectifs et résultats attendus de l’atelier, huit panélistes se sont intervenus pour apporter plus d’ informations, sur la base de thématiques bien choisis et l’initiative de couplage gestionnaire des aires protégées , agrégateurs, communes, communautés (VOI). Il s’agissait plus exactement d’une approche , des avancées et du point de vigilance de ce couplage. « Le but n'est pas de rendre tout le monde fermé seulement dans la conservation. Donc l'atelier est conçu pour voir si les participants peuvent comprendre le partage, s'ils sont satisfaits, quelle est leur responsabilité maintenant et demain, comment faire évoluer la conversation. » a expliqué Hanta Rabetaliana, coordonnatrice du Kobaby.  
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