Dossier

Fermeture des frontières – Des enjeux économiques en suspens

Le port de Toamasina enregistre quelques 2000 touchers de navire par an.

Face à la pandémie du coronavirus, les opinions divergent sur la fermeture ou non des frontières de Madagascar. Il y a ceux qui avancent une vulnérabilité amplifiée de l’économie si la Grande île est coupée du monde, et d’autres optent pour l’introduction des marchandises, mais pas des individus.

Pression. Nombreux concitoyens tirent la sonnette d’alarme sur la nécessité de fermer toutes les frontières face à la pandémie du coronavirus. Face à la décision du conseil de ministres d’avant-hier de pulvériser les entrées aux frontières, bateaux, avions, passagers en provenance de l’étranger, les réactions fusent. « Nous vous prions monsieur le Président de fermer les frontières, le virus n’est pas loin », soutiennent les internautes.

L’insatisfaction et le mécontentement se font de plus en plus sentir surtout que Donald Trump a décidé de fermer les frontières des États-Unis à l’Europe. Le virus apparu en Chine il y a près de deux mois, s’empresse de contenir le globe, et nombreux jugent que si la première puissance mondiale prend une telle décision, notre pays doit en faire de même. L’île est donc exposée à toute éventuelle contagion.

D’autres soutiennent la possibilité d’introduire les marchandises et restreindre les ressources humaines nécessaires à cette option.

Colonies

Le pays dépend encore à 80% des importations. Carburant, médicaments, produits de première nécessité, produits textiles, outillages, matériels informatiques, pièces automobiles, sont encore à faire parvenir de la Chine, de l’île Maurice, de l’Égypte, de l’Afrique du Sud, de l’Europe, de la Turquie, de l’Inde. Le carburant constitue 15% de l’ensemble de nos importations, et les produits manufacturés 56%.

La valeur des marchandises importées avoisine les 3 000 000 de tonnes par an pour une valeur de 9 000 milliards d’ariary. De nombreuses marchandises commandées dans l’Empire du Milieu notamment sont suspendues ou annulées (entre autres, produits fertilisants, intrants, outillages, matériels de télécommunication).

Le Tourisme sera le plus grand perdant si la mesure de fermeture des frontières est prise.

Liaisons aériennes et maritimes essentielles
Neuf navires cargos ont accosté le port de Toamasina, qui assure 95% du total du trafic de conteneurs du pays, rien que dans la journée d’hier, vendredi 13 mars. Le port reçoit quelques 250 000 conteneurs par an. Ce qui pourrait donner une idée sur l’importance des échanges commerciaux de la Grande île avec les autres pays.

La compagnie aérienne nationale Air Madagascar prend la décision d’étendre jusqu’au 30 juin la suspension de la desserte vers la Chine. La compagnie Air France, par contre, n’a pas modifié son programme de vols entre Paris et Antananarivo. Air Madagascar, à elle seule, assure trois vols hebdomadaires vers Paris. Ethiopian Airlines, Turkish Airlines, Air Mauritius ou encore Kenya Airways desservent également la Grande île.

Tourisme vacillant
L’objectif de 500 000 touristes par an semble compromis avec ces annulations et suspensions de voyages. La desserte Milan-Nosy Be a été suspendue il y a un mois, en raison de la maladie coronavirus. Mais Ethiopian Airlines assure encore la liaison Tana-Milan : 42% des visiteurs de Madagascar sont des Italiens. Les compagnies aériennes sont tenues de suspendre le transport de passagers en provenance de Chine, de Hong-Kong, de Macao et de Taiwan. Les recettes touristiques de Madagascar atteignent une moyenne de 520 millions de dollars.

35% des touristes sont des Français, 4% des Chinois, 4% des Comoriens, 3% des Mauriciens, 2% des Allemands, 2% des Anglais, 2% des Africains du Sud et 2% des Belges.

Économie émergente
D’autres voies ont été dépistées. Celles de l’unisson à « un patriotisme économique » et de l’Emergence à partir de l’intérieur de Madagascar. « Il est temps de penser à changer notre mode de consommation et de préférer les Vita Malagasy, indique un citoyen. « Je suggère de n’importer que ce que nous ne produisons pas », souligne un autre.

« Tout vient d’ailleurs pourtant. Tout ce que nous voyons, ce que nous utilisons, la nourriture que nous consommons. On n’a jamais été capable de produire une seule épingle jusqu’à maintenant », réagissent d’autres.
Un autre analyste alerte sur la pénurie causée par une éventuelle panique que l’État n’a pas encore considéré jusqu’à maintenant. Carburant et PPN notamment.

 

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