Chronique

Epidémie – Des grandes nations ne seraient pas prêtes

Sur les 3 500 croisiéristes de la « Grand Princess », 21 étaient malades confirmés du coronavirus dans la Baie de San Francisco. Les rescapés ont débarqué à l’aéroport international d’Oakland, le 10 mars, après l’isolement de rigueur.

Sauf le respect qu’on leur doit au nom de la rigueur dont ils sont les meilleurs garants, il semble parfois que les chiffres soient au contraire une source de questionnement et de dissension. Qui a tort et qui a raison, puisque chacun s’appuie sur des chiffres censés être irréfragables ? C’est ainsi qu’actuellement un certain courant parait vouloir dédramatiser le Covid-19, données… chiffrées à l’appui.

Repéré pour la première fois en Chine, le fléau a été signalé à l’Organisation Mondiale de la Santé, le 31 décembre 2019. Deux mois après le début de l’épidémie, des statistiques très sérieuses dans leur formulation démontrent que, dans 80% des cas répertoriés, l’infection est bénigne. Sa létalité ne dépasserait pas le seuil des 2%, mais avec des écarts selon l’âge.

L’indice de contagiosité serait lui aussi relativement faible puisqu’il se situe entre 1,5 et 3,5 contre 8,5 pour la varicelle et 9 pour la rougeole. Ces données sont néanmoins tempérées par une remarque comme quoi ce n’est pas parce qu’un virus a un taux de reproduction faible qu’il est inoffensif.

A-t-il épousé cette vision, du moins au tout début ? Donald Trump, fidèle à son profil, a tout d’abord tenté de politiser le fléau, accusant les Démocrates de l’utiliser à des fins partisanes, avant de faire machine arrière. Dans cette première puissance mondiale, le premier mort du coronavirus a été localisé dans l’État de Washington, dans la banlieue de Seattle. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, qui avait déjà des problèmes de santé. Les cas qui ont été recensés par la suite n’avaient pas tous des liens avec cet épicentre. Selon une étude scientifique citée par le Washington Post, l’épidémie se serait répandue pendant six semaines aux États-Unis sans être détectée. Entre autres raisons, on pourrait pointer du doigt des retards dans la recherche à cause de lots de tests défectueux distribués au niveau fédéral par le Centre de contrôle des maladies.

Quoiqu’il en soit, en cas de forte épidémie, les établissements hospitaliers des États-Unis manqueraient de système de ventilation assistée pour les malades en phase critique, mais aussi de protection pour le personnel soignant. Une situation aggravée dans les zones rurales et au niveau fédéral à cause des restrictions budgétaires. Le site du New York Times recommande aux citoyens de stocker des médicaments pour un mois de traitement en cas d’infection. Mais comment feront les plus de 27 millions d’Américains qui n’ont aucune couverture sociale ? Et les millions d’immigrés qui ont peur d’être expulsés ou arrêtés s’ils se rendent à l’hôpital ? Des travailleurs tout à fait réguliers hésitent, eux aussi, à consulter, car certains États autorisent encore le licenciement pour cause de maladie…

Le 2 mars, Trump recevait les représentants des grands groupes pharmaceutiques pour faire le point sur les avancées médicales et la recherche d’un vaccin. En attendant, il a multiplié les restrictions de voyage à la frontière avec le Mexique, ce qu’il a d’ailleurs toujours voulu.

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