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Pisciculture – Une filière en quête de succès

La pisciculture gagne à être vulgarisée.

Face à l’exploitation sans limites des ressources halieutiques, la pisciculture constitue un salut pour préserver la production. Mais c’est une filière qui reste à l’état embryonnaire.

Constat est fait ces dernières années d’une baisse sensible des produits de la pêche tant au niveau régional que national. Une nouvelle donne qui devrait booster le secteur de la pisciculture. Mais le pays est encore loin d’avoir acté l’émergence de cette filière pourtant présentée comme l’une des activités phares de ce que l’on appelle aujourd’hui l’économie bleue.

La pisciculture est vue depuis des années comme particulièrement prometteuse du fait de son potentiel pour accroitre la rentrée de devises grâce aux exportations, ainsi que pour sa participation à l’amélioration des revenus des paysans. Sans oublier l’apport en poissons pour le marché local et à l’emploi qu’elle génère.

Dans le cadre de l’appui aux petites et micro-entreprises, de nombreuses études et autres ateliers ont été initiés. Les rencontres et les réflexions sont souvent axées sur les perspectives, les problèmes ainsi que les recommandations des professionnels de la filière. Les conditions tels que l’impact environnemental immédiat et à long terme, les conditions nécessaires pour la bonne gestion d’un établissement opérant dans ce domaine ou encore les diverses démarches administratives à suivre pour pouvoir exercer ont été partagées, discutées et approfondies.

Les analystes s’accordent à dire que le marché est encore vaste et très ouvert. Selon les enquêtes menées par la FAO, un gap de production de l’ordre de près de 60 000 tonnes est estimé en vue de satisfaire tout juste la demande locale. La pisciculture présente en outre des avantages très pratiques. Citons parmi ceux-ci le besoin d’un minimum d’espace, la possibilité d’accroitre rapidement la production et l’opportunité d’élever plusieurs espèces en même temps.

Les poissons les plus prisés sont la carpe (cyprinus carpio) de variété royale. Ils ont une croissance rapide et une adaptation facile au biotope rizière. Et très appréciés des consommateurs. Viennent ensuite le cyprin doré ou « trondrogasy» (carassius auratus) et le tilapia. Ce dernier qui est devenu dans d’autres pays, notamment d’Asie, un produit d’exportation de premier ordre, rivalisant avec les matières premières agricoles, les produits miniers et manufacturiers.

Des obstacles surmontables

Selon les experts, trois points doivent être pris en compte pour que les activités puissent se développer rapidement. En premier lieu, le coût élevé des matériels comme les filets spéciaux qui à la fois combinent praticité et solidité. Ensuite, il y a les tracasseries liées à la régularisation des papiers administratifs. Nombreux se plaignent de la durée d’attente trop longue avant l’obtention des papiers autorisant une exploitation légale d’une ferme de pisciculture. En somme, des obstacles qui peuvent très bien être surmontés.

Malgré la mise en place de la Stratégie Nationale pour le développement de la filière, il y a maintenant plus de 10 ans, la pisciculture n’a pas encore pris réellement son envol. Les zones où les projets qui ont véritablement réussi sont encore peu nombreuses. On citera, à titre d’exemples, Ambato­- lampy, Manambato et Itasy. Ce qui ralentirait la croissance de la filière serait aussi, selon les acteurs mêmes de la filière, le manque de savoir faire et de moyens.

Partant de ces constats, des initiatives d’accompagnement des pisciculteurs tendent à se multiplier, à l’instar du Projet d’appui au renforcement des organisations professionnelles et aux services agricoles (AROPA). Ce dernier s’emploie depuis quelques années à renforcer les organisations professionnelles et à faciliter leurs accès à des équipements et du matériel de production de qualité. L’intervention du projet a contribué à une amélioration des revenus et à une réduction sensible de la vulnérabilité des producteurs, notamment les plus pauvres.

Notons aussi l’opération de multiplication des Ecloseries Paysannes de Formation (EFP). Dans la partie est du pays, ces structures sont implantées afin que les groupes de pisciculteurs accompagnés par le projet puissent se former ensemble aux techniques de production d’alevins. « Ce sont des espaces de dialogue et d’échange, visant à favoriser le partage de savoir-faire et de connaissances entre pisciculteurs expérimentés et débutants. Ce sont aussi des lieux d’expérimentation et d’innovation, en collaboration avec les techniciens du projet et la station piscicole d’Ivoloina », a-t-on indiqué.

Du côté du ministère en charge de la Pêche et de l’Economie bleue, on soutient aussi que la priorité est à l’écoute, à la formation et à la sensibilisation. Force est en effet de remarquer que le ministre de tutelle, le Dr Mahatante Tsimanaoraty Paubert, a effectué de nombreux déplacements sur le terrain afin de constater de visu les problèmes rencontrés par les pisciculteurs et d’apporter de manière proactive les solutions adaptées.

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