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Dr Todisoa Andriamampandry : « Le système d’examen n’est pas suffisant »

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique annonce la suppression du mémoire en 3ème année. Le Dr Todisoa Andriamampandry, député de Madagascar et enseignant-chercheur, explique l’importance du mémoire, dans le cursus de l’étudiant.

• Réussir un examen suffit-il pour obtenir le diplôme de Licence ?
– L’enseignement supérieur n’est pas assimilable à l’éducation de base. Le volet recherche est privilégié. L’université forme des chercheurs pour réfléchir sur les problèmes qui préoccupent la société et proposer des solutions. Le système d’examen n’est pas suffisant pour parvenir à cette fin.

• Qu’est-ce que le mémoire apporte aux étudiants ?
– Le mémoire permet d’abord à l’étudiant d’approfondir ses connaissances, à appliquer les théories acquises lors des cours et les confronter aux réalités. En outre, la période de stage, préalable à la confection du document, lui est utile pour intégrer le monde professionnel.

• Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique annonce l’annulation du mémoire. Qu’est-ce que cette décision occasionnera ?
– Le circulaire n°116 /MESUPRES/SG/19 contredit les décisions du Conseil national d’habilitation (CNH) qui a autorisé les établissements, aussi bien public que privé, à promouvoir la recherche. De plus, le fait d’annuler le mémoire entraîne un manque considérable du volume horaire étudiant, donc, affecte nécessairement la reconnaissance internationale du diplôme qui ne correspond pas au système Licence- Master- Doctorat.

• Que recommandez-vous pour améliorer la qualité de l’enseignement supérieur?
– Le système LMD nécessite des investissements. Si l’on veut un enseignement supérieur de qualité, des mesures d’accompagnement sont nécessaires, à savoir, le recrutement d’enseignants, de personnel qualifié, la construction d’infrastructure, ainsi de suite. Il ne faut pas détruire l’existant, mais l’améliorer suivant les possibilités de l’État. Parmi les contraintes du système LMD, par rapport à l’ancien système, il est obligatoire d’acquérir, pour l’étudiant, soixante crédits par an, répartis en cours magistral, en travaux dirigés, en travaux pratiques, en travaux personnels de l’étudiant et un volume horaire correspondant à chaque crédit. Si l’on veut intégrer convenablement au système, c’est une obligation de se conformer à ces règles. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, sinon, on applique un système hybride sans avenir pour les étudiants.

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