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Editorial

Vox populi

Une première victoire. La hiérarchie militaire a finalement accepté de donner l’ordre de poursuite des éléments de la Bani impliqués dans le meurtre d’un jeune garçon au mois de juin. Il a fallu attendre la manifestation des proches de ce garçon au tribunal lundi, pour que le ministère de La Défense s’exécute. Le jeune garçon a été tué dans des circonstances atroces et retrouvé par sa famille à la morgue de l’hôpital HJRA où il a été emmené sans vie par ses bourreaux.

L’état-major militaire a cédé sous la pression de la famille, des médias et de l’opinion. C’est tout à son honneur. L’image des forces de sécurité commençait sérieusement à être ternie par des scandales successifs. Les exécutions sommaires deviennent monnaie courante ainsi que les exactions de ce genre. Il était temps de dire stop et de se soumettre à la justice. Les treize militaires inculpés dont quatre officiers ont été tous mis en détention préventive en attendant leur procès. Un bon exemple qui est d’une grande aide pour la justice à la recherche d’une crédibilité disparue depuis belle lurette dès que la politique et la corruption ont fait irruption au prétoire. Il reste à attendre le procès mais déjà on peut lancer un grand bravo dans ce grand pas accompli.

Mais par contre une autre affaire a plus ou moins douché cet élan de la justice. Il s’agit, on l’aura deviné, du nouveau procès de Lionel Lelièvre, propriétaire de l’agence de sécurité COPS, accusé avec trois de ses employés du meurtre de Ameraly Danil Radjan retrouvé sans vie au parking d’un centre commercial. Jugés au mois de juin ils ont été acquittés par la cour malgré les enregistrements vidéos présentés comme preuves implacables du meurtre. En fait il s’agit d’aveux extorqués par les enquêteurs. Mais tout de suite après l’annonce du jugement, le ministre de la Justice de l’époque s’est mêlé de l’affaire en ordonnant la cassation du verdict. Du jamais vu. Les accusés acquittés ont été reconduits à la prison de Tsiafahy illico presto. Le nouveau procès devait se tenir mercredi mais là également un coup de théâtre allait avoir lieu. Alors que les accusés étaient déjà installés dans la salle et que l’audience allait commencer, le juge et ses assesseurs se sont désistés se déclarant incompétents pour juger l’affaire. Un fait rare dans les annales de la justice qui laisse pantois.

Déjà une affaire jugée deux fois n’existe nulle part ailleurs sauf s’il y a un fait nouveau justifiant la tenue d’un nouveau procès. Ce qui n’est pas le cas ou plutôt si étant donné que le frère du défunt Danil Radjan, le fameux Moustafa Radjan vient d’être condamné à vingt ans de travaux forcés pour sa participation dans le kidnapping d’Anil Mamod Karim, enlevé à Ambatobe le 27 avril 2020. Il appartient à la cour d’établir peut-être un lien entre le meurtre et les kidnappings pour justifier un report du nouveau procès en décembre. Dans tous les cas il s’agit d’un gros challenge à relever pour la justice. L’opinion suit l’affaire de près.

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