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Vol de courant – Une négociation de rappel de consommation

Un cas suspect de rappel de consommation pour vol de courant négocié, éclate au grand jour. La facture a été délibérément ramenée à la baisse.

Le mal concerne cette fois-ci un vol de courant dont les factures impayées ont été négociées à la baisse par le directeur général par intérim de la Jirama, Albert Ravelojaona. Une société a été sommée de payer 73 millions d’ariary de rappel de consommation pour vols de courant en 2018.

Une vaste opération de contrôle a été lancée depuis 2017, dans le cadre des objectifs liés à la bonne gouvernance au sein de la compagnie d’eau et d’électricité. La dite société a demandé à négocier et a même proposé un paiement échelonné de douze mois et en plus, ramener le montant litigieux à la somme de 42 millions d’ariary au lieu des 73 millions d’ariary à payer. « Vu la difficulté financière que subit encore notre société, nous sommes disposés à effectuer le paiement de 3 517 327, 46 ariary payable à chaque fin du mois à partir du mois d’août 2019, et ce pendant douze mois », a fait savoir la société par une lettre envoyée à la Direction générale de la Jirama le 14 août 2019. Mais la Jirama n’a pas fléchi et a demandé de payer la somme intégrale des arriérés.

Le directeur principal Région Antananarivo a répondu le 21 août 2019 : « Votre demande de ramener le montant que vous qualifiez de litigieux… n’as pas été acceptée par la direction générale ». Le 4 septembre 2019, le directeur général par intérim de la Jirama, Albert Ravelojaona, envoie de nouveau une lettre apportant des explications, plutôt techniques.

Erreur

La lettre évoque qu’il n’y eut pas de contrôle technique contradictoire de la mutation d’abonnement entre la dite société et une autre que cette dernière aurait donc reprise. « … personne ne peut confirmer l’existence d’une incohérence au niveau du système de comptage ». Un autre contrôle a été effectué en présence d’un huissier de justice mais «… n’a pu donner aucune date exacte de cette incohérence… ». L’anomalie ne se présenterait qu’au mois de juin 2019 et les deux parties ont attesté qu’une partie des consommations est non facturée.

« Le rappel de consommation pour le mois de juin est donc fondé et justifié…», souligne encore la lettre. Aussi, il n’a été demandé à la société de ne payer que le rappel de consommation du mois de juin plus le coût de remplacement des transformateurs et des frais d’huissier, soit quelques 7.600.000 ariary.

Le hic réside dans le fait qu’il n’y a pas eu de rapport technique de comptage statuant ce problème de comptage évoqué par le DGp.i dans sa lettre. Alors que la réduction des factures doit être motivée et justifiée par un rapport technique. 10% des clients en moyenne tension trafiquent les compteurs de la Jirama, restaurateurs, unités de machines à bois, salons de coiffure, bureaux ou simples ménages.

Ceux qui sont pris dans les filets après l’établissement d’une liste de bilan de puissance, négocient systématiquement le coût relatif au rappel de consommation. S’ils ne règlent pas les arriérés dans les accords d’échelonnement de délai de paiement, les affaires passent aux mains de la justice.