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Témoignage – Enseignant, un métier de plus en plus pénible

Lors  de  la  célébration  de  la  journée  mondiale des  enseignants  organisée  par  Conamept,  jeudi.

En 16 ans de métier, Prisca Voahirana Andrianjafy, enseignante dans un établissement scolaire public, ne gagne même pas la moitié du salaire minimum, régi par les textes. « Je ne touche pas 70 000 ariary par mois », confie cette enseignante non fonctionnaire (maître Fram). Elle affirme qu’elle fait ce métier par vocation et par amour, mais ne cache pas ses difficultés.

Son premier réflexe a été, d’ailleurs, de nous en parler, lorsque nous l’avons rencontrée à l’hôtel Carlton Anosy, lors de la célébration de la journée mondiale des enseignants, organisée par la Coalition nationale mala­gasy de l’éducation pour tous ( Conamept ), jeudi. « Enseigner est de plus en plus difficile. Toute la société façonne l’enfant comme bon lui semble. Les parents, de leur côté, n’arrivent plus à assurer le suivi scolaire de leurs enfants. Résultat, les enseignants s’occupent seuls de l’éducation des enfants. », enchaine-t-elle. Sa vie de famille, ses propres enfants sont délaissés. « Je n’arrive même plus à suivre mes enfants. Ce sont les enfants des autres qui sont mes priorités», indique-t-elle. Son seul espoir, c’est d’être, un jour, recrutée fonctionnaire. Mais même fonctionnaire, un enseignant n’arrive pas à joindre les deux bouts.

Toutes les conditions dans lesquelles, les enseignants exercent leur métier, sont déplorables. Manque de matériel didactique, manque de qualification professionnelle, manque d’ouvrages, manque d’infrastructures et manque de ressources humaines. « L’année scolaire dernière, on avait soixantequinze élèves par classe. Cette année, ce chiffre pourrait encore augmenter avec la gratuité de l’inscription. Avec ce sureffectif, les enseignants sont fatigués », cite comme, exemple, William Victor Rajoarihery, directeur d’une EPP à Antanandrano.

Pas étonnant que le niveau de l’enseignement à Madagascar est médiocre. Les enseignants manquent de motivation et les moyens pour offrir un enseignement de qualité sont incomplets. Le syndicat des enseignants a regroupé dans un cahier de doléances leurs désidératas.

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