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Commémoration à Ambohijatovo – Une chance pour la réconciliation nationale ?

Serge Zafimahova, ancien directeur de cabinet d’Albert Zafy.

Une stèle en la mémoire de l’ancien président Albert Zafy, sera inaugurée ce jour, au jardin d’Ambohijatovo. Sur le carton d’invitation, le professeur est présenté comme le père de la démocratie et de la réconciliation nationale.

En grande pom­pe. Décédé le 13 octobre 2017, la commémoration du troisième anniversaire du décès du professeur Albert Zafy, sera marquée par l’inauguration d’une stèle au jardin d’Ambo­hijatovo, ce jour. Sous l’égide Andry Rajoelina, président de la République, l’évé­nement s’annonce fastueux.

Sur le carton d’invitation, émis par la présidence de la République, le professeur Zafy est présenté comme « le père de la démocratie et de la réconciliation nationale ». Certains s’interrogent sur les raisons de cette cérémonie.

Le 24 juillet 2019, à Ivandry, en effet, une cérémonie en mémoire de l’ancien chef d’État s’est déjà tenue. La Commune urbaine d’Antananarivo, en cette occasion, a baptisé du nom de l’ancien Président, la portion de rue allant du stade d’Alarobia, jusqu’à la villa Elisabeth.

« Il a été convenu que l’attribution du nom du président Zafy à une rue revenait aux autorités de la commune d’Antananarivo et que l’édification d’une stèle revenait à la présidence de la République », explique Serge Zafimahova, ancien directeur de cabinet du professeur. La cérémonie d’aujourd’hui, selon ses dires donc, « est entièrement prise en charge par la présidence de la République ».

Après maints refus de son vivant, Albert Zafy fait donc, une entrée à titre posthume sur la place de la démocratie. La conjoncture politique est animée par un relent d’antipathie entre les tenants du pouvoir et l’opposition. Une hostilité qui dépasse le cadre purement politique, au regard de certains faits.

Des observateurs lisent alors, en la commémoration d’aujourd’hui, « un signe de relance du processus de réconciliation nationale ».

Clin d’œil

Pour Serge Zafimahova, il s’agit d’abord de « marquer l’héritage commun », laissé par l’ancien chef d’État, en matière de réconciliation et de démocratie. « Ça peut effectivement être un début de reprise du processus de réconciliation nationale », ajoute, toutefois, l’ancien collaborateur d’Albert Zafy.

Une question s’impose, toutefois, au regard de toutes les péripéties politiques depuis la crise de 2009, comment réconcilier Andry Rajoelina, et Marc Ravalo­manana, ancien président de la République ?

« Les rencontres et le rapprochement entre le chef de l’État et ses prédécesseurs ne sont que symboliques », réplique, cependant, Serge Zafimahova. Selon l’ancien directeur de cabinet du professeur, la réconciliation escomptée par ce dernier, « part de la base, des Fokontany, afin d’ériger une vraie État nation ».

Il ajoute que dans ce cheminement, « la réconciliation politique se fera plus aisément ». Dans l’esprit de l’ancien chef d’État, la réconciliation passerait, également, par une décentralisation effective.

Vue sous un autre angle, la cérémonie d’aujourd’hui, pourrait avoir une portée politique significative. Coïncidence du calendrier, la commémoration du décès du professeur Zafy se fera la veille du 62e anniversaire de la République.

Une cérémonie symbolique se tiendra, à Anahi­drano-Antsohihy, demain 14 octobre, lieu de naissance de feu Philibert Tsiranana, premier président de la République.

Faisant d’une pierre deux coups, Andry Rajoelina fait un clin d’œil à deux monuments de l’histoire du pays. L’un présenté comme « le père de la République », et l’autre comme « le père de la démocratie et de la réconciliation ». Jusqu’à présent, cependant, des proches et anciens collaborateurs de ces deux anciens chefs d’État étaient des opposants à l’actuel locataire d’Iavoloha. «

Il s’agit juste d’une coïncidence du calendrier. Il n’y a rien de politique derrière la cérémonie d’aujourd’hui », réagit, toutefois, Serge Zafimahova.

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