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Editorial

Avance à reculons

Si les joueuses de rugby à VII peuvent s’enorgueillir de ne pas avoir fermé la marche au Mondial disputé à Cape Town, finissant même par une belle victoire face à la Colombie, le football continue de décevoir ses férus. Elgecoplus a ramené un bon nul du Cameroun en coupe de la Caf sans être assuré de rien alors que l’équipe championne de Madagascar, le CFFA Andoharanofotsy s’est faite de nouveau battre à domicile comme l’année dernière par les Pirates d’Eswatini, ex- Swaziland. C’est ce dernier revers qui fait mal étant donné que le Swaziland, malgré un grand progrès, est loin d’être une foudre de guerre. On se souvient qu’en 1984, l’équipe swazie de Mbabane Highlanders avait ramassé une raclée à Mahamasina face au Dynamo de Fima, 1 à 6 et avait également perdu le match retour. Le Dynamo de Fima de cette époque avait tenu tête au grand Canon de Yaounde de Thomas Nkono, Théophile Abega, Kunde … avait une défaite de 0 à 1 à Yaounde et un match nul et vierge à Mahamasina.

C’est dire la régression. L’Eswatini est un petit royaume enclavé d’Afrique australe pas aussi grand que la ville d’Antananarivo( 17.000km carré) avec une population de 1.650.000 habitants. Si le nombre de la population avait un rapport avec le niveau du football dans un pays ou dans le classement Fifa, on devrait retrouver l’Eswatini parmi les nations au classement négatif. Il faut dire que l’équipe nationale d’Eswatini avait battu les Scorpions en 2003, 2 à 0 à Mbabane lors d’un match éliminatoire de la Can. Le match se jouait à Mbabane sur un terrain en billard taillé comme un green de golf. C’est dire le progrès accompli par ce pays qui fournit d’ailleurs une bonne prestation dans le tournoi Cosafa à chaque édition. En revanche, nos équipes dorment sur leurs lauriers depuis la belle prestation à la Can 2019. C’est peut-être l’arbre qui cachait la forêt malgré une difficile et première qualification à la Chan 2023. Derrière il n’y a pas grand chose. On s’attend à une explosion de talents avec la construction de stades manarapenitra un peu partout mais il faudra certainement du temps. Pour jouer au football, les pieds ne suffisent pas comme on a tendance à le croire. Le cerveau, l’estomac, l’emploi, la sécurité sociale… sont autant de facteurs qui favorisent le succès. Développer un seul élément au détriment des autres conduira inévitablement à l’échec. Il ne suffit pas non plus de mettre beaucoup d’argent pour réussir. Le Paris Saint-Germain en est la preuve.

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