Accueil » A la une » Andry Rajoelina – «Transformer la situation de crise en opportunité»
A la une Politique

Andry Rajoelina – «Transformer la situation de crise en opportunité»

Poignée de main entre Gerd Müller, DG de l’ONUDI et Andry Rajoelina.

Le président de la République a reçu le trophée de champion de l’industrialisation au siège de l’ONUDI, à Vienne. Une consécration qui conforte son engagement dans le développement industriel et la politique étatique pour le concrétiser.

Un pilier inéluctable du développement. Un qualificatif utilisé par Andry Rajoelina, président de la République, s’agissant de l’industrialisation. Il a souligné les enjeux de ce secteur, hier, dans son discours au siège de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), à Vienne.

Le chef de l’État a reçu le trophée de «champion de l’industrialisation», dans la capitale autrichienne. Un titre pour récompenser son engagement dans l’industrialisation de Madagascar et la pertinence de la politique étatique pour le concrétiser. Un Velirano conforté par la conjoncture de crise globale qui prévaut depuis deux ans, mais aussi, les difficultés rencontrées par Madagascar, à cause des aléas climatiques. L’exemple des cyclones dévastateurs en début d’année, mais surtout, la sécheresse causant le kere dans le Sud, en raison du changement climatique ont été cités en exemple.

«Transformer une situation de crise en opportunité de développement afin d’exploiter notre richesse (…)». C’est l’état d’esprit mis en avant par le locataire d’Iavoloha à la tribune de l’ONUDI.

Il a notamment cité l’exemple de la mise en place de l’usine Pharmalagasy, qui produit le Covid-Organics, à base d’artemisia. Un autre exemple est l’édification de l’usine NUTRISUD. Elle produit des compléments alimentaires destinés à lutter contre la malnutrition chronique des enfants, victimes de la sécheresse dans le Sud.

Il y a aussi les conséquences inflationnistes de la guerre en Ukraine. «Tous les pays ont dû revoir leur stratégie de développement et chaque pays a renforcé la nécessité d’industrialisation, ce qui nous force à produire et transformer localement ce dont la population a besoin», indique le président, en ajoutant, «nous avons constaté que les pays qui ont pu amortir les chocs de ces crises sont ceux qui ont un tissu industriel fort».

Industrialisation en marche

Partant de ce constat, Andry Rajoelina déclare alors devant l’ONUDI, «Il y a des armes beaucoup plus puissantes que les bombes, les chars et les missiles. Nous savons tous que chaque pays en possède. Ce sont nos terres, nos matières premières, nos ressources naturelles et surtout, notre population. L’industrialisation locale, l’innovation agricole et le leadership des dirigeants sont nos munitions pour consolider notre force et nos boucliers pour protéger notre population».

Le locataire d’Iavoloha figure dans la liste de dix autres chefs d’États africains récompensés du titre de champion de l’industrialisation, dans le cadre de la Troisième décennie du développement industriel de l’Afrique, à Abou Dhabi, en 2019. «Il y a un terme de référence pour l’octroi de ce titre. La décision n’est pas juste basée sur les engagements, mais aussi sur les actions», explique Gaëtan Ramindo, directeur général de l’industrialisation, auprès du ministère de l’Industrie, du commerce et de la consommation.

En réponse aux critiques et interrogations d’une partie de l’opinion publique, le responsable ministériel ajoute que «la mise en place d’une industrie n’est pas comme vendre de la marchandise. Il faut du temps». À la tribune de l’ONUDI, le président de la République affirme, «en trois ans, à Madagascar, nous avons implanté cent sept unités d’usine industrielle».

Depuis l’acquisition du titre de «champion de l’industrialisation», par le locataire d’Iavoloha, en 2019, la conjoncture mondiale et nationale a encouragé l’État à accélérer la marche de vers l’industrialisation.

Un coup d’accélérateur a été donné à la concrétisation du projet «One district, one factory» (ODOF), décliné en pépinière industrielle, par le biais du ministère de l’Industrie, du commerce et de la consommation. Comme expliqué, hier, la stratégie est d’implanter dans chaque district, au moins, des unités industrielles en dotant des équipements semi-industriels aux entrepreneurs locaux. L’exemple de la sucrerie sise dans la région Boeny, mise en place en collaboration avec l’ONUDI, et inaugurée il y a quelques jours, a été pris justement.

«C’est un grand défi, mais c’est avec une grande fierté que j’annonce que l’industrialisation de Madagascar est en marche», soutient ainsi Andry Rajoelina. Au début de son allocution, il assure que «l’industrialisation de Madagascar est un sujet clé qui tient une place stratégique dans notre vision d’émergence partagée avec l’ONUDI. (…) Nous considérons l’industrialisation comme un pilier inéluctable pour rattraper le retard de développement de Madagascar, accélérer l’éradication de la pauvreté et contribuer à l’autosuffisance».

L’autosuffisance, justement, est l’enjeu majeur de l’industrialisation mis en avant par le chef de l’État à Vienne. En première ligne, il y a l’atteinte de l’objectif d’autosuffisance alimentaire. Le locataire d’Iavoloha met, notamment, l’accent sur «le plus grand challenge», qui est «de redevenir le grenier rizicole de l’océan Indien». Un statut détenu par la Grande île dans les années 70 et 80. La politique visant à encourager la professionnalisation de l’agriculture et de l’élevage comme l’octroi de certificats fonciers, ou encore, le projet titre vert vont dans ce sens. Un puzzle dont le but est d’impulser une industrie agricole.

Prenant l’exemple de l’industrie du sucre toujours, le président affirme que l’opérationnalisation des usines, l’une dans le Sud-Ouest et l’autre à l’Est du pays, contribuera grandement à combler les besoins nationaux qui est de 200 000 tonnes par an. La mise en œuvre de réformes pour encourager les investissements privés a, également, été soulignée par le président de la République à la tribune de l’ONUDI. «Ce que je viens de citer ne sont que des exemples de toute une réforme dans la concrétisation du plan d’émergence industrielle de Madagascar. L’élément clé qui cimente et fait avancer tout cela est la volonté politique. Nous avons cette volonté avec fermeté et ténacité afin de transformer notre tissu économique en un écosystème industriel performant», assure Andry Rajoelina.

3 commentaires

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • Une sale copie du fameux diplôme Honoris causa et ce n’est nullement valorisant d’être nominé avec d’autres chefs d’états Africains qui ne brillent pas toujours en matière du respect des droits de l’homme et de la démocratie . Ce titre de  » champion de l’industrialisation  » est vide de sens quand on voit l’état de la SECREN un fleuron de l’océan Indien en matière de réparation et de construction navales . L’usine Kraomita SA qui est presque en faillite et qui a été convoité par gazprom du va-t’-en guerre Poutine . Il est gonflé de citer Pharmalagasy dont on sait pertinemment que le financement est le fruit en partie de détournements du fonds Covid . Le président du SIM n’est pas apparemment du voyage et bonjour la bonne gouvernance avec la famille aux frais de la princesse en se gavant sur l’argent public des contribuables . Et enfin parler de Nutrisud en encensant l’association Fitia bien que le projet émane essentiellement du PAM et l’UNICEF reflète une certaine mythomanie . On a encore le triste constat que le pays s’implante dans l’autocratie et la mégalomanie est devenue une philosophie de fait !

  • Et l’usine ÉTHANOL avec la pose de la première pierre et sans financements extérieurs à ce jour ? Puis le tissu industriel local appréciera ce cirque sur les conséquences gravissimes impactant leur trésorerie par l’absence de plan de relance financier durant la crise sanitaire …