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Bras de fer – La CUA aux trousses de Ravalomanana

Les hostilités sont ouvertes entre Naina Andriantsitohaina et Marc Ravalomanana.

Entre la Commune Urbaine d’Antananarivo et l’ancien président Marc Ravalomanana, rien ne va plus. La guerre est déclarée.

VIRULENTS. Les propos de l’ancien président Marc Rava­lo­manana à l’endroit du maire d’Antananarivo Naina Andriantsitohaina après le préavis envoyé par la CUA à la station de télévision MBS ont été pour le moins humiliants.

« Ne montez pas une marche trop haute, vous ne connaissez rien à la politique, vous n’êtes qu’un novice. Si vous touchez à la MBS, vous allez voir ce que vous allez voir », a fulminé Marc Ravalo­manana lundi au cours d’une conférence de presse en marge du premier anniversaire du RMDM, le rassemblement des partis d’oppo­sition. Une arrogance qui n’est pas sans rappeler les propos tenus à l’endroit du maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina au début de la crise en 2009. On sait où cela a mené l’ancien président Marc Ravalomanana.

L’escalade est en tout cas engagée. Le maire Naina Andriantsitohaina n’est pas resté de marbre face à cette attaque caractérisée. Il a apporté des précisions concernant la nécessité de démolition des pavillons érigés sur l’esplanade à Analakely et la résiliation du contrat de bail entre la CUA et la MBS sur le site d’Anosipatrana.

Connotation politique

Avec élégance mais non sans ironie, Naina Andrian­tsitohaina a déclaré que ces affaires n’ont rien de politique puisqu’il ne connaît rien en politique. « A Ana­lakely, on a construit quatre-vingt pavillons au lieu des seize prévus. La CUA prévoit de construire à la place un bâtiment de deux étages pour caser les marchands », a-t-il souligné.

Quant à la résiliation du bail de la MBS, le maire a révélé que la station de l’ancien président est considérée comme un locataire et elle devait payer un loyer de deux millions d’ariary par an mais depuis 2000 à ce jour, elle ne s’est acquittée que de huit millions d’ariary à titre de loyer. La CUA va reprendre le site pour caser ses employés.

La guerre entre la CUA et Marc Ravalomanana ne s’arrête pas là. Une carrière exploitée par l’entreprise Alma sur la RN 2 est également dans le viseur de la mairie d’Antananarivo.

Ravalomanana a beau hausser le ton, cela ne fera pas revenir le maire de Tana sur sa décision. Déterminé comme on le connaît, malgré un flegme apparent, il ira au bout de sa conviction.

Naina Andriantsitohaina n’a pas fait d’état d’âme dans la démolition des kiosques et boutiques construits de manière sauvage sur les trottoirs de Tana malgré les appels à la clémence et la compréhension en pleine période de crise sanitaire. Ce n’est pas en l’insultant qu’il deviendra plus coopératif. Ce n’est peut-être pas opportun de procéder aux mesures qu’il a prises, mais il a ses raisons que la crise sanitaire ignore.

D’ailleurs, des décisions contre Ravalomanana ne sont jamais innocentes. Il y a toujours quelque part une connotation politique. Ravalo­manana reste toujours qu’on le veuille ou non un adversaire politique gênant qui, malgré son âge n’a pas encore épuisé ses dernières cartouches. Il n’a jamais cessé et continue d’ailleurs à le faire, à sa manière, à secouer le pouvoir.

La présence d’un important contingent de forces de l’ordre à Ampandrana lors de la réunion du RMDM prouve qu’on le tient à l’œil. Toutes les opportunités sont à prendre pour réduire un tant soit peu sa marge de manœuvre et sa capacité de nuisance. Les mesures prises par la CUA n’ont peut-être pas des dessous poli­tiques comme le maire a tenu à le marteler mais elles auront des conséquences politiques.

La MBS est désormais le seul organe qui assure sa communication, on ne peut pas dire que la résiliation du bail est innocente pour un site que la Transition aurait pu reprendre dès 2009 après l’exil de Ravalomanana. La MBS a d’ailleurs cessé de fonctionner pendant plusieurs années et n’a repris qu’en 2018.

Le maire apportera donc sa pierre à l’édifice à travers des décisions a priori justes et légitimes. Outre la guerre contre le coronavirus, ce bras de fer entre la CUA et Marc Ravalo­manana polarisera les regards jusqu’à la fin de l’année.

1 commentaire

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  •  » Vas-y Monsieur le maire c’est bon , bon ..  » Il était franchement temps qu’on s’occupe du cas de ce laitier . On ne peut que même déplorer la frilosité d’un régime légal et légitime à ne pas appliquer la loi rien que la loi . Que la commune urbaine de la capitale et le pouvoir central montrent désormais ses muscles car entendons-nous bien il y a eu aussi une décision de justice en 2010 à l’égard de cette pourriture pour assassinat de manifestants au palais d’Ambohitsorohitra . La crédibilité de la justice est fortement écornée par piétement de l’état de droit . Avec son sarcasme habituel ce filou avance avec pince-sans rire que le pic de l’épidémie n’est pas atteint certainement dans une arrière-pensée funeste d’espérer un chaos social . L’individu on la maintes fois répéter est ignoble et que sa mise au placard à Imeritsiatosika nous fera des vacances !

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