Politique

Rivo Rakotovao : « Le Sénat n’est pas un opposant au pouvoir »

“Les idées politiques divergent, mais l’objectif reste le même : celui de faire avancer le pays. » C’est le point développé par le président du Sénat, Rivo Rakotovao, hier à l’ouverture de la session extraordinaire de la Chambre haute. Il a été rappelé qu’aux yeux de la Constitution, Madagascar vit sous régime semi-présidentiel, la mission du Sénat justifie la séparation des pouvoirs à Madagascar.

La complémentarité des actions de l’Exécutif et du Parlement a été encore une fois soulignée. « La dictature n’a pas sa place dans le pays. Le Sénat ne s’oppose pas au pouvoir, mais constitue une balise aux actions gouvernementales qui sont à aligner avec les intérêts des collectivités décentralisées D’ailleurs, au menu de cette session extraordinaire figurent la présentation et le débat sur la Politique générale de l’État (PGE) ainsi que la Loi sur l’opposition. « L’ouverture d’esprit de tout un chacun, sénateur comme membre de l’Exécutif, est vivement sollicitée dans l’étude de cette proposition de loi sur l’opposition. Je pose même la question au Premier ministre ici présent, jusqu’où peut-on ouvrir le débat dans cette proposition de loi et jusqu’où peut-on aller dans cette démarche inclusive ? », ajoute-t-il.

La proposition de loi était est disponible depuis 2011 et n’attend qu’un décret d’application. Aujourd’hui, le débat est rouvert. La société civile comme des politiciens ont demandé à faire partie du processus de débat avant de voter pour ou contre la proposition de Loi sur l’opposition.

Alternance

L’étude de cette loi avec la PGE sera débattue pendant douze jours. Le discours de Rivo Rakotovao a également abordé le rôle de l’alternance démocratique. « L’année 2018 a été marquée par l’alternance démocratique où il a été question d’écoute et de tolérance pour l’intérêt supérieur de la nation », renchérit-il. Le président de la Chambre haute a fait allusion à cette occasion à la période où il a été à la tête de la nation pendant quatre mois. Les forces vives du pays ont été intégrées dans le gouvernement, mais la situation a été difficile à gérer vu les intérêts divergents de chaque parti politique.

« Au sein même du Sénat, les positions ne sont pas analogues. Avec l’Exécutif, les idées risquent de ne pas toujours coïncider, mais c’est tout le principe de la démocratie », enchaîne-t-il. Les « nouveaux» sénateurs ont été présentés au grand public hier. Mahalino, du quota de la province de Mahajanga, remplaçant Fernand Jeannot qui a changé de camp aux dernières élections présidentielles. Les sénateurs Philibert Randriamananjara et Vévé Randriamantena prennent la place de ceux qui ont été élus députés.