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Aires protégées – Leur apport économique étudié

La ministre Vina Marie-Orléa (MEDD) avec la délégation de la FAPBM.

Les résultats d’une étude évaluant notamment l’apport économique du réseau des aires protégées de la Grande île viennent d’être publiés.

À MADAGASCAR, l’importance économique de nos parcs nationaux et réserves naturelles, c’est-à-dire nos aires protégées, est encore méconnue ou largement sous-estimée. De cette méconnaissance surgissent souvent des remises en cause de leur utilité. Et pourtant, parmi les intrants essentiels qui soutiennent les modes de vie locaux et l’économie nationale, un nombre élevé provient des aires protégées.

C’est de ce constat que la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM) et Madagascar National Parks (MNP) ont diligenté une étude sur la contribution économique des aires protégées de Madagascar, avec l’appui de la KfW du gouvernement allemand et l’USAID Hay Tao du gouvernement des Etats-Unis. Une conférence sur le thème « Nos aires protégées sont vitales pour notre développement » présentera les résultats de l’étude auprès des principales parties prenantes.

Selon le document de 136 pages en anglais qui présente les résultats de l’étude effectuée, le réseau des aires protégées de Madagascar, composé de 123 sites couvrant 6 233 317 ha d’écosystèmes terrestres et 1 379 029 ha d’écosystèmes marins, est le plus grand capital naturel de la sous région et est décrit comme un « trésor national inestimable » et d’une « valeur incommensurable pour le pays et pour le monde ». Pourtant, la pleine contribution économique des biens et services écosystémiques fournis par cet actif n’est pas entièrement comprise ni exploitée comme il se doit.

Les auteurs du document estiment en outre que le réseau des aires protégées de Madagascar, dans son état actuel, par la régulation du climat, la biodiversité, la conservation et les services culturels connexes (tourisme, recherche, divertissement…), dispose d’une valeur économique de 3,67 à 17,27 milliards de dollars par an (valeur médiane de 7,74 milliards de dollars). De ce montant, 2,19 à 14,64 milliards de dollars (médiane 6,25 milliards de dollars) pourraient être destinés à la régulation du climat.

En outre, Madagascar peut s’attendre à gagner 47 millions de dollars par an grâce au programme national REDD+ et recevoir entre 52 à 60 millions de dollars pour la conservation de la biodiversité, soit environ 2 à 4 % du bénéfice global.

Financement durable

Globalement, la contribution des aires protégées du pays à la régulation du climat et à la conservation de la biodi­versité a une valeur estimée à plusieurs fois supérieur (jusqu’à 25 à 50 fois) aux financements potentiels.

Cette étude constitue un apport d’une importance majeure pour tracer la trajectoire de l’économie verte de Madagascar selon la FAPBM. Rappelons que cette dernière est un fonds fiduciaire qui constitue un mécanisme innovant de financement des aires protégées à Madagascar. En effet, la Fondation est dotée d’un capital investi sur les marchés internationaux.

Seul le revenu de ce capital sert à financer des aires protégées à Madagascar. Cela signifie que le capital reste intact dans le temps, ce qui assure la pérennité des financements pour la biodiversité. Après plus de 15 ans d’existence, le mécanisme s’avère central car il est le seul capable d’assurer un financement durable et prévisible des aires protégées.

Le financement de trente six aires protégées, pour une superficie totale de 3 512 251ha, a permis la conser­vation de cinq­ cent espèces de faune et de flore, dont la plupart sont endémiques à Madagascar et figurant sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Une amélioration a été constatée dans la densité et l’abon­dance de ces espèces dans certaines aires protégées, grâce à la protection de leurs habitats naturels et à la réduction des activités de chasse. C’est le cas des lémuriens diurnes, d’autres mammifères et des oiseaux aquatiques.

La FAPBM indique avoir aussi financé cinq aires protégées avec sa subvention d’urgence. L’attribution de ce financement d’urgence aux gestionnaires a permis d’agir rapidement face à de fortes pressions menaçant l’intégrité biologique de l’aire protégée. Il s’agit principalement des aires protégées d’Analalava, d’Antrema, de Befotaka Midongy, de Nosivolo et de Tsaratanana. Si le niveau des menaces sur les ressources naturelles dans les aires protégées financées est resté stable, des formes de pressions pèsent encore sur les zones concernées. En conséquence, le taux de déforestation dans les aires protégées financées par la FAPBM a augmenté, passant de 0,42% à 1,22% depuis 2019.

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