Atsimo Andrefana - Le « toaka gasy » autorisé au commerce


Le rhum artisanal local produit dans Atsimo-Andrefana peut être vendu, mais seulement dans cette région. Les opérateurs demandent une ouverture de marché. Du « toaka gasy » ou rhum artisanal est fabriqué à Ambatolily, un fokontany de la commune de Milenaka, à 70km de Toliara sur la RN9, et ce, depuis 1996. Située non loin de l’affluent de Ranozaza, dans le district de Toliara II, Ambatolily a l’opportunité d’avoir de la canne à sucre. Cette dernière est mélangée avec du tamarin sec avant de suivre le processus de distillation. Mais tout est encore très artisanal et se fait à l’air libre, sans aucun abri, ni aucun semblant de magasin. Des trous d’environ 2m de profondeur sur une surface de 2m² sont aperçus un peu partout sur le lieu de distillation. « Un trou peut contenir environ huit sacs de canne à sucre découpée et du tamarin sec déjà bouilli. La mixtion reste en pause pendant trois ou quatre jours avec des vérifications fréquentes du goût. Le tout passe ensuite au processus de distillation. Un baril de mélange de canne et de tamarin d’environ 200l peut produire 20l de rhum artisanal», explique Roger Maharake, président de l’association des opérateurs de rhum d’Ambatolily. Quarante-cinq personnes travaillent quotidiennement à cette activité de transformation artisanale et font appel à des «jokers », selon les saisons. « Notre activité est légale dans la mesure où le service des Contributions demande à notre association de payer mensuellement 30 000 ariary de droits. Personne n’est venue fermer notre petit commerce depuis près de vingt ans », précise le père de Roger Maharake, celui qui a ouvert l’activité encore informelle, en 1996. Variétés « Le litre coûte 2500 ariary, mais le bidon de 20l n’est pas à la portée de tout le monde même si nous parvenons à en produire 80l par jour. Depuis le confinement notamment, les bénéfices sont rares », raconte Michel Soavy, opérateur membre de l’association. Les clients sont essentiellement des organisateurs de fêtes traditionnelles, de mariages, d’obsèques et autres. « Mais chez nous, en milieu rural, le rhum artisanal n’est toujours pas payé au comptant. Difficile alors de calculer les bénéfices avec les dettes impayées pendant des jours ou des mois», livre à son tour Tomary, un autre membre de l’association. Il est demandé aux clients leur destination avant de livrer le rhum. « Ceux qui achètent à partir de 20l obtiennent un laissez-passer de notre part. Nous demandons leur adresse et la mentionnons sur le laissez-passer. Ils n’ont pas le droit de les emmener ailleurs que dans la région Atsimo-Andrefana. S’ils ne disent pas la vérité sur leur destination, c’est leur problème s’ils sont arrêtés par les forces de l’ordre », indique Roger Maharake. Le rhum qu’ils fabriquent, évalué entre 40 et 45⁰ de taux d’alcool, peut servir pour faire du punch, de l’alcool médical ou du gel hydro alcoolisé. L’association demande plus d’ouverture de leur marché et recherche un partenariat. L’activité est autorisée dans la région Atsimo-Andrefana, depuis le début des années 2000, selon un texte voté à l’Assemblée nationale, proposé par une ancienne parlementaire, représentant le district de Toliara II. Depuis, d’autres communes comme Mahaboboka, Ambohimahavelona et Manombo vivent du rhum artisanal.
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