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Maheva Yony Ramambazafy – L’artisane du vinaigre aux fruits

Maheva Yony, première productrice de vinaigres de fruits à Toamasina.

Maheva Yony Ramambazafy a connu des réussites mais aussi quelques échecs. Sans baisser les bras, elle est parvenue à lancer son premier produit naturel.

Nouvelle aventure. Maheva Yony Ramambazafy diffère des entrepreneurs qui prennent part aux concours de start-up. Des idées et des rêves, elle en a mais elle a tenu à en réaliser un. Un rêve qui a mûri avec les années.

Après vingt ans passés en entreprise, la jeune femme a pris la décision de créer sa propre société. « Comme beaucoup de gens actifs, je suis arrivée au point du now or never. Je me suis réveillée un matin en me disant que d’ici vingt ans, je serai à la retraite. Alors, tant que j’ai de l’énergie, autant me mettre au service dans un premier temps de l’entrepreneuriat, levier de croissance économique », anticipe-t-elle.

La mère de famille n’a qu’un but, celui d’aller le plus loin possible et se faire confiance pour réaliser quelque chose avec ses propres moyens.Sur ces nombreux projets, elle a réalisé un, s’inspirant de l’héritage que sa mère lui a transmis : la fabrication de vinaigre artisanal. Elle a fait ses premiers essais dans sa cuisine et il y a un an, Marotia Vinaigre Bio a vu le jour. « Je ne suis pas allé hercher loin puisque depuis plus de dix ans maintenant, je ne consomme que les vinaigres fabriqués à base de fruits ou de légumes, recettes de ma mère. Le procédé de fabrication, les matières premières ainsi que la conservation et tout ce qui va avec, répond entièrement ou presque à l’appellation Bio. J’aime cette démarche environnementale. J’ai appelé mon produit Marotia, qui est le prénom de ma fille », ajoute-t-elle.

Résidant à Toamasina, Maheva profite des fruits et légumes qui poussent dans la région Atsinanana. Elle reconnaît les avantages de Madagascar en tant que pays tropical. « Dans un premier temps, je me suis consacrée à ce qui est symbolique de ma région, maintenant, je fais la promotion des vinaigres de litchi, de carambole, d’ananas, de kumquat et les autres fruits, suivant leurs saisons et leurs prix sur le marché», poursuit l’artisane.

Tout récemment, elle vient de sortir le vinaigre de coco, fruit emblématique des côtes et de Toamasina où elle vit depuis une dizaine d’années. Pour Maheva, tous les fruits et légumes sont bons pour la fabrication de vinaigre, y compris la banane et le noni. La cuisine de Maheva lui sert à la fois de laboratoire d’expérience et d’unité de production.

Production

Elle travaille seule et s’occupe de l’achat des matières premières jusqu’à l’embouteillage même si les membres de sa famille lui prêtent main forte dans certaines activités comme la découpe des étiquettes. En un mois, elle produit jusqu’à 100 litres de vinaigre si toutes les conditions sont réunies, à savoir la disponibilité des matières premières en quantité sur le marché et aucun décalage dans les relations avec les fournisseurs (emballage et transport…).

Sans colorant ni additif, ni gluten, les vinaigres naturels Marotia Vinaigre Bio vont très bien pour la préparation de vinaigrettes pour accompagner les salades et autres plats en entrée, pour les marinades et pour relever le goût de quelques plats mijotés. Ils ont également des vertus thérapeutiques et bienfaisantes car les produits sont digestifs, antioxydants, contre les infections, et aident à perdre du poids.

Comme tout nouvel entrepreneur, Maheva rencontre des difficultés administratives, compte tenu de la nécessité de délivrance de toutes les certifications nécessaires à la conformité et l’éloignement géographique par rapport à l’Administration centrale puisque tout doit se faire à Antananarivo.

« A un moment, quand on veut passer à la vitesse supérieure, on se rend vite compte, et c’est en effet dommage, que de nombreux produits de qualité aient du mal à se développer par manque de notoriété. J’aimerais faire appel à tous les acteurs de la promotion de l’artisanat malgache, de l’entrepreneuriat par des femmes malgaches, aux protecteurs de l’environnement et du développement durable que nous devons nous soutenir. Avec de la volonté, rien n’est impossible », déclare-t-elle.

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