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Editorial

Des prêts…maturés?

Les machines à sous réactivées et mises en branle. Non pas celles de ces « casinos pour toutes les bourses » qui ont pignon sur rue, associés avec des paris hippiques et sportifs, mais plutôt le mécanisme bien huilé de l’engrenage des créances financières. D’abord, la seule banque primaire, consciente des multiples difficultés consécutives à la crise sanitaire, qui a accordé un moratoire de trois mois à ses débiteurs, sans frais financiers ni agios, a rappelé que ce sursis est bel et bien terminé. Désormais, les dettes arrivant à échéance doivent être remboursées.

Sans que la situation économique du pays n’ait connu une quelconque amélioration. Plusieurs entreprises ont envoyé au chômage technique de nombreux salariés. Beaucoup d’autres se trouvent au bord du précipice de la faillite. L’élan de la relance tant attendue, à peine amorcée, a été aussitôt brisé par les contraintes du reconfinement. Alors que la pandémie du coronavirus semble avoir gagné en intensité et est plus infectieuse, semble-t-il, qu’auparavant. Des personnalités que tout le monde pensait être à l’abri des vicissitudes de la vie ont été contaminées. Certaines ont même péri. Eu égard aux données chiffrées liées à la Covid-19, de plus en plus effarantes, dans la région Analamanga, le bout du tunnel pour tout le pays s’éloigne à mesure que l’on s’en approche. Tels des mirages du désert.

Puis, ce même établissement financier, incite déjà ses clients en difficulté à souscrire des emprunts aujourd’hui, payables l’année prochaine. Soit cinq à six mois de répit, avant le retrait mensuel de la quotité cessible. Une bouée de sauvetage salutaire. S’endetter pour se passer des dettes, comme dirait Didier Ratsiraka quand les conditionnalités des bailleurs de fonds, au début des années 80, l’ont pris à la gorge. Il n’était plus question de souveraineté nationale non-négociable. Sa vantardise préférée au début de sa révolution socialiste. Courber l’échine devant les émissaires et moniteurs du Fonds monétaire international, FMI, pour être leurs meilleurs élèves, a été l’attitude la plus sage à adopter. Le profil bas, en quelque sorte.

Pour ce qui est des mesures énoncées et prévues par le Plan de relance multisectoriel, quatre-vingt-treize Petites et moyennes entreprises ont obtenu des lignes de crédits conséquentes. Des fonds de roulement suffisants afin de redémarrer leurs activités productrices, mises en quarantaine depuis le mois de mars. Mais des craintes commencent à être ressenties chez les bénéficiaires de ces mannes financières tombées du ciel. Comme vont-ils les rentabiliser et les amortir, avec leurs intérêts, si le coronavirus continue à circuler parmi la population?

Enfin, l’État lui-même, privé de ses ressources financières internes, recettes fiscales et douanières, cherche à renflouer sa caisse. Par l’émission ou tirage de Bons du trésor par adjudication. D’un montant total de soixante-dix-sept milliards d’ariary, soit près de vingt millions de dollars. Avec quatre à cinquante-deux semaines de maturité. Avis aux « richissimes » amateurs de placements sûrs et bien rémunérés.

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