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Santé – Manque cruel de médecins spécialistes

Le docteur Abel Ranaivoson, (au centre) a insisté sur la nécessité de former des médecins spécialistes.

La nécessité de la formation spécialisée des médecins se ressent dans le pays. C’est un obstacle dans la prise en charge des malades, en plus du manque de matériel et d’infrastructures.

La carence en formation spécialisée pour les médecins handicape la prise en charge des malades. C’est ce qui a été soulevé lors d’une conférence de presse organisée par le Syndicat des médecins, hier à l’Amphithéâtre de la HJRA. Ainsi, les formations doivent être en adéquation aux besoins en matière de santé.
« Il est nécessaire d’ajuster la formation spécialisée des médecins sur un domaine précis et en fonction de la demande.

C’est le cas, par exemple, des cardiologues, des radiologues qui manquent dans le pays », affirme le Docteur Liva Andrianarijaona, secrétaire général du Syndicat des médecins fonctionnaires de Madagascar. Une des problématiques étant l’insuffisance des médecins spécialisés par rapport aux médecins généralistes. « Les cliniciens sont en sous nombre par rapport aux médecins généralistes. Puisqu’un à deux spécialistes sur un domaine précis sont recrutés par an », rajoute-t-il.
La spécialisation doit être effectuée en fonction des besoins et c’est à partir de la formation que les médecins se spécialisent.

« Les formations spécialisées sont effectuées à la fin du cursus dans les universités et ce sont les étudiants qui choisissent de se spécialiser dans tel ou tel domaine. Généralement, la spécialisation dure deux ans », enchaine-t-il.

La présence de médecins spécialisés est de plus en plus pressante, notamment dans les zones les plus reculées. « Le recrutement des médecins doit être en proportionnalité avec les besoins en matière de soin et de santé surtout dans les milieux les plus reculées », insiste le docteur Abel Ranaivoson, président du Syndicat des médecins fonctionnaires de Mada­gascar.C’est le cas par exemple pour un centre de santé de base à Morondava où une infirmière est en même temps médecin-chef, sage-femme et aide-soignante pour cause de sous effectif.

Manque de matériel
En outre, le problème d’infrastructures de santé fait partie également des difficultés corollaires du manque de spécialiste. « Les formations ont besoin des spécialistes maitrisant le domaine, toutefois les infrastructures manquent. Mais également, le matériel de travail constitue un obstacle », explique le docteur Liva Andrianarijaona. Les problèmes d’infrastructures s’ajoutent à l’éloignement des centres de santé de base.

« Le problème de la vétusté et du manque d’infrastructure fait partie des obstacles dans les centres de santé en milieux ruraux », déplore le médecin. « Les infrastructures doivent être rénovées et équipées afin d’assurer une meilleure prise en charge des malades », enchaine-t-il.

Outre les infrastructures, des difficultés apparaissent également à cause de l’insécurité surtout dans les zones enclavées. « L’insécurité pèse également sur les personnels de santé, actuellement. Ces derniers sont obligés de faire des kilomètres de route », avoue le président du Syndicat des médecins fonctionnaires.

Des résolutions

Durant le colloque national du Syndicat des médecins fonctionnaires, les 6 et 7 juin, quelques résolutions sont sorties, entres autres l’amélioration des textes régissant la santé publique, ainsi que l’amélioration du niveau de vie des personnels de santé.