A la une Politique

Madagascar-France – Le préfet de Tana crée un incident diplomatique

Véronique Vouland-Aneini demande au ministre des Affaires étrangères de cesser la reconstruction du mur.

La préfecture a autorisé la reconstruction d’un mur situé dans le voisinage de la Rési­dence de France. Une décision à laquelle l’ambassadeur de France s’oppose.

C’est un banal litige foncier qui risque de virer à un incident diplomatique. L’ambassadeur de France en poste à Madagascar, Veronique Vouland-Aneini, a adressé, hier, une lettre très froide, dépourvue de toutes les amabilités d’usage, à l’intention du ministre des Affaires étrangères malgache Naina Andriatsi­to­haina. La diplomate demande au chef de la diplomatie malgache de prendre toutes les dispositions nécessaires pour faire cesser la construction d’un mur situé dans le voisinage de la résidence de France à Ivandry.
« Le voisinage n’a pas été consulté avant la délivrance de ce permis comme cela aurait dû être, le cas s’agissant d’une zone diplomatique résidentielle. Aussi, je vous demande, monsieur le ministre, de bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour faire cesser immédiatement la construction de ce mur », stipule la lettre portant l’en-tête de la République française en date du 12 juillet et signée par Véronique Vouland-Aneini.

En fait, c’est surtout un permis de construire délivré par la préfecture d’Antana­narivo qui avait mis le feu au poudre et fait sortir l’ambassadeur de ses gonds. Jeudi dernier, un ordre de démolition donné par la mairie a été exécuté. Le mur qui était déjà en construction a donc été bien détruit. Sauf que 24 heures plus tard, les propriétaires ont procédé, sans aucun souci, à sa reconstruction, défiant purement et simplement l’autorité de la mairie en affichant l’arrêté préfectoral signé par le préfet et qui autorise la reconstruction.

Permis de construire
De point de vue légal, seule la mairie est habilitée à délivrer un permis de construire en bonne et due forme. Une procédure déjà bien rodée est déjà en vigueur dans ce domaine, notamment le dépôt de la demande avec les documents nécessaires au bureau de la mairie. Cette dernière procède, par la suite, à l’étude avant de décider d’accorder ou pas le permis.

Sans doute que, dans ses prérogatives, la préfecture peut être habilitée à délivrer de permis mais cela ne la dispense pas de faire les études techniques au préalable dont, la consultation des riverains, d’autant qu’il s’agit ici d’une zone résidentielle des diplomates donc sensible notamment en matière de sécurité. Le cas de l’ambassade américaine à Andranomena est un exemple parfait, avec les privilèges dont elle bénéficie en ce qui concerne son entourage.
En tout cas, cette histoire constitue une véritable patate chaude pour le gouvernement et le régime en général qui se retrouve entre le marteau et l’enclume. D’un côté, il y a la France et de l’autre, un « copain », puisque la personne qui peut obliger un préfet de police, un général de surcroit, à donner un permis de construire en 24 heures n’est sans doute pas n’importe qui.

1 commentaire

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • Quelle est la nature de ce mur, entre quoi et quoi, qui et qui car partout comme à l’ambassade malgache de Paris, l’ambassade d’USA, Colombie, près de la place de la concorde, etc. il y a un mur de voisinage bien intelligemment concerté ( à prendre comme exemple)

    1 – Est-ce que les motifs fournis par chaque camp pour la construction du mur et la non-construction du mur ?
    2 – Est-ce que l’administration a pris en considération l’utilité prioritaire humaine, et et sécuritaire ?
    3 – Quel impact sur la nature du paysage pour l’avenir des lieux ?

    Il y a la lois Modèle France , de Décret n°64-262 du 14 mars 1964 relatif aux caractéristiques techniques, aux alignements, à la conservation et à la surveillance des voies communales (mur commun)

    ##Servitudes de visibilité
    ##Plans de dégagement
    Article 60 (abrogé au 8 septembre 1989) En savoir plus sur cet article…
    Abrogé par Décret n°89-631 du 4 septembre 1989 – art. 5 (V)

    L’application du présent règlement est, s’il y a lieu, subordonnée à celle des mesures éventuellement inscrites dans les plans de dégagement qui, dressés conformément aux dispositions du décret-loi du 30 octobre 1935, déterminent les terrains riverains ou voisins des voies communales sur lesquels s’exercent les servitudes de visibilité, celles-ci comportant suivant le cas :

    L’obligation de supprimer les murs de clôture ou de les remplacer par des grilles, de supprimer les plantations gênantes, de ramener et de tenir le terrain et toute superstructure à un niveau au plus égal au niveau fixé par le plan ;

    L’interdiction absolue de bâtir, de placer des clôtures, de remblayer, de planter et de faire des installations quelconques au-dessus du niveau fixé par le plan ;

    Le droit pour l’administration d’opérer la résection des talus, remblais et de tous obstacles naturels, de manière à réaliser des conditions de vue satisfaisantes.