Texto de Ravel

La CAN (E)

Hors-jeux, coups francs, lucarnes et on ne sait quels autres charabias des commentateurs de la Coupe d’Afrique des Nations que ces dames ont dû apprendre au fil de cette belle aventure des Barea. On peut regarder les mêmes matches, les mêmes joueurs, les mêmes mouvements mais on ne voit surtout pas les mêmes choses sur le terrain. Le foot et l’approche genre, toute une littérature aussi longue que le monde d’emploi des femmes.

La CAN(E) vous rapporte ce que le genre féminin a pu retenir du fabuleux parcours de la bande à Dupuis. Car depuis Dupuis, les œstrogènes parlent de football. Pour avoir la meilleure compréhension de cette manière spécifique des femmes de traiter les informations en rapport au ballon rond, un salon de coiffure, le lendemain de la victoire au huitième de finale était le meilleur plan. Chaque femme qui entrait dans le salon de coiffure avait le sourire aux lèvres et avait une intonation particulière dans sa manière de dire bonjour. Et tout de suite les autres demandent : « nanao ahoana ny baolina ? » (Comment s’est passé le match). Et c’est là où tout commence !
« Le pauvre était tellement fatigué…un tel est tellement mignon…son petit frère est vraiment plus mignon que lui. Vous avez vu la photo de sa femme ? elle est vraiment belle. Ah la première dame était dans les gradins et elle a sautillé. J’aime bien la coupe des cheveux de…. Oh ! Le coup de pied de l’adversaire sur…, Ah ce Dupuis, il n’est pas aussi vieux que ça ! » Ahhh..des discussions de bonne femme. Et ça papote et ça papote.

Une autre manière d’apprécier ce CAN(E) est de regarder sur les réseaux sociaux. Savez-vous que depuis hier matin est né le hastag #FIVAME ou Fikambanan’ny Vadin’i Melvin (association des femmes de Melvin) ? Il faut dire que pendant que ces messieurs jubilaient devant les prouesses techniques du gardien de but des Barea, Melvin Adrien, ces dames étaient en train de penser à d’éventuels autres talents que notre jeune homme pourrait cacher. Belle détente, du haut de son un mètre quatre-vingt-trois et ses quatre-vingt-cinq kilos, il a bien évidemment fait monter plus d’une au septième ciel via le petit écran. Réponse d’un internaute face à la marée FIVAME : « Melvin, les gars sont vraiment reconnaissants de tout ce que tu as fait. Mais pour épargner de nombreux ménages, s’il te plait, ne reviens pas au pays ».
La CAN(E), c’est aussi les petites attentions des mères de famille. Après le travail jeudi dernier, on les voyait les unes et les autres toutes pressées en faisant quelques courses. Ce qui était merveilleux à voir c’est que ce n’était pas une question de classe sociale. On pouvait voir, dans les petits marchés du quartier, ces mamans qui achetaient un peu de salades, des nems, des sambos, des brèdes pour faire le fameux « vary amin’anana ». La CAN(E) c’est aussi ces larmes que la bande à Dupuis a fait couler sur les visages de ces belles Malgaches que nos frères Africains voudraient bien avoir chez eux.

C’était un moment à vivre et on pourra, un jour, le raconter à nos petits-enfants. Profond respect à ce magnifique et exceptionnel Coach. Nos yeux brillent, nos cœurs tambourinent, nos esprits s’élèvent également grâce à chacun de ces joueurs de la Barea. Les cardiologues ont et auront un peu plus de travail, les vendeurs de goodies en tous genres, les restaurants et gargotes, les chanteurs et faiseurs de clips ont eu du boulot. Les croyants ont fait leurs prières, les non croyants nous ont rappelé de prier ! Bref, Madagascar sourit et revit grâce à vous ! Merci !

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