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Santé publique – Un Nobel de la médecine à Madagascar

Madagascar accueillera le professeur Barry Marsall, prix Nobel de la médecine en 2005 pour avoir co-découvert l’Heliobacter pylori, responsable de nombreuses lésions de l’estomac.

Une sommité de la médecine attendue à l’Académie malgache cette semaine. Le Professeur Barry Marshall, co-découvreur de l’Helico­bacter pylori et prix Nobel de la médecine en 2005, participera à la conférence internationale pour la prévention et le traitement des pathologies gastro-intestinales qui se tiendra les 16 et 17 juin à l’Akademia Malagasy, Tsimbazaza. Cette conférence qui réunira 25 spécialistes de la recherche, des professeurs, des médecins spécialistes et des responsables d’organisations non-gouvernementales (ONG) est organisée par l’association médico-chirurgicale de gastro-entérologie de Madagascar (Agem) et l’association Australian doctors for Africa.
Selon un communiqué des organisateurs, la conférence discutera de « la lourde morbidité de la maladie causée par l’Helicobacter pylori et des autres pathologies gastro-intestinales à Madagascar ». Pendant ces deux jours, l’accent sera particulièrement mis sur les infections à Helicobacter pylori et la bilharziose, deux problèmes de santé publique à Mada­gascar.
Se développant dans l’estomac, l’Helicobacter pylori est responsable de nombreuses lésions de cet organe, telles que l’ulcère, la gastrite ou encore la dyspepsie. Un article publié en 2012 dans la Revue médicale de Madagascar indique que
« la séroprévalence de l’infection causée par cette bactérie est de 82% chez l’adulte à Madagascar ». La recherche de cette bactérie, et le traitement des infections qu’elle cause, s’avèrent ainsi primordiaux comme le spécifient les auteurs de l’article paru dans la RMM, « son éradication permet de traiter
ces pathologies et contribue à diminuer l’incidence du cancer gastrique ».
Pour ce qui est de la bilharziose ou schistosomiase, il s’agit d’une maladie endémique qui affecte notamment les enfants. Le numéro 12 du bulletin « Agir contre les vers » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), paru en 2008, informe que « la schistocomiase sévit dans 95 des 111 districts, avec un taux national de prévalence estimé à 31% ». Selon ces statistiques de 2007, « environ 5 millions de personnes seraient infestées, et 15 autres millions exposées ».
« Têtes pensantes »
Juste avant la conférence, une descente sur terrain sera réalisée à Ampefy, en collaboration avec le ministère de la Santé publique en vue de déterminer le « taux de réinfestation de la bilharziose mais aussi de faire un suivi de la prévalence de la maladie ». Le cas d’Ampefy ne représente évidemment pas la prévalence globale au niveau du district, mais selon le communiqué des organisateurs de la conférence, la descente sur terrain devrait permettre de « connaître l’intensité de l’infection chez les échantillons choisis ».
Les experts qui se pencheront sur les problématiques viennent de France, du Royaume Uni, de Suisse, d’Australie et bien évidemment de Madagascar. « Nous sommes très enthousiasmés par le niveau de soutien et de l’enthousiasme que nous avons reçu des conférenciers, des sponsors et des participants pour cette importante conférence et nous sommes particulièrement honorés d’accueillir le professeur Barry Marshall, lauréat du prix Nobel », a déclaré le Professeur Rado Ramanam­pamonjy, co-directeur de la conférence. « La communauté médicale malgache a également été très favorable et présentera un grand nombre de sessions pendant la conférence. Nous sommes extrêmement reconnaissants pour leur contribution et leur expertise », a-t-il poursuivi.
La réunion de ces « meilleures têtes pensantes disponibles », comme les qualifient les organisateurs de la conférence, devrait alors permettre de « concevoir des programmes de recherche, d’éducation, de prévention et d’éradication de ces infections, spécifiques aux circonstances particulières de Madagascar ». Outre la mise en évidence des problèmes, les discussions viseront surtout à « chercher des solutions issues des communautés locales et internationales pour faciliter les programmes et afin de réduire le taux de mortalité dû à ces maladies ».

Bodo Voahangy