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Antsiranana – Le Nivôse en escale de récompense

Une frégate de la marine nationale française est en escale à Antsiranana après sept semaines de navigation sans interruption. Une escale attendue avec impatience par son équipage.

Sur les 12 derniers mois, la frégate de la marine nationale française, Le Nivôse a fait  neuf escales en dehors  de sa base située à La Réunion. Après avoir navigué sept semaines sans
interruption, et une escale technique à Mombasa, le navire fait  maintenant  une longue escale à Antsiranana. Le bâtiment  est appareillé depuis, hier, pour sa dernière escale de l’année.
Au total, 96 marins  dont  une dizaine de femmes et quelques Malgaches d’Ambanja et de Nosy Be, ont  débarqué  dans la capitale de la Diana. Selon les explications des responsables, cette escale a deux objectifs. D’une part, il s’agit de raffermir  les  relations diplomatiques  avec le pays hôte.  À Antsiranana, la visite est ainsi axée sur le renforcement des liens militaires et civils avec Mada­gascar. C’est pour cette raison que le capitaine du navire, accompagné du  consul de France à Antsiranana,  Daniel Maizieres, a effectué une série de visites de courtoisie auprès des autorités locales.
Mais  il s’agit également d’une escale de récompense pour l’équipage  qui  a effectué une mission dure et exigeante durant  ces trois dernières années. Rappelons qu’outre sa mission dans le cadre de l’opération Atalante,  Le Nivôse a pris feu au  nord des Seychelles, il y deux ans et  était obligé de rester neuf mois à l’île Maurice pour réparation avant  de recommencer à  naviguer.
« Il a fallu que j’attende vingt ans  pour venir à Diego. On a tous attendu cette escale, comme le Messie. Elle vient au terme  d’une mission de trois  années très denses », a révélé  le capitaine de frégate Julien de Saint  Quentin, commandant du bateau, lors de son discours prononcé lors d’une réception à bord  du Nivôse. Il n’a pas hésité à dire qu’il s’agit d’une escale que les marins adorent. Une escale devenue  un mythe autant pour les Antsiranais que pour les Français.

Relations
Dans son allocution, Julien de Saint Quentin a souligné ne connaître aucune autre nation qui  ait une proche relation, et une tradition extrêmement forte avec la marine nationale française que Madagascar. « Quand nous avons été   accueillis, ce matin,  avec chaleur et  sourire, j’ai bien compris pourquoi  les marins veulent  venir à Diego», a-t-il continué, tout  en racontant  son histoire avec des Malgaches.
« Quand j’étais au lycée, j’ai eu des Malgaches dans ma classe. Lorsque j’étais  à l’école navale, il y  a eu  des Malgaches dans la promotion, et  l’un d’entre eux est  là. Et encore à l’école de guerre, des Malgaches ont fait  partie de notre promotion, sans parler des marins qui se marient  avec des Malgaches  » a-t-il affirmé.
Comme à l’accoutumée, des activités socio-culturelles et  commerciales  gravitent  autour du passage d’un bateau de guerre de la marine française. Cette escale coïncide surtout avec le démarrage officiel de l’Euro 2016 et  l’ambiance était à la franco-antsiranaise. L’on
sait  que  des jeunes locaux seront  invités  à bord du navire pour suivre une séance de  formation d’apprentissage en mécanicien. Les élèves du lycée français bénéficieront aussi de ce passage des marins français dans le Nord par le biais d’une conférence.

Contrôle et surveillance

Frégate de surveillance, Le Nivôse répond à un besoin opérationnel précis tel que le contrôle des espaces maritimes éloignés de la France, mais sur lesquels celle-ci étend sa souveraineté et l’action en zone de crise limitée. De nombreuses missions peuvent lui être confiées, pour ne citer que la permanence en mer avec la capacité de surveiller, renseigner ou s’opposer à un perturbateur, la police de la navigation et surveillance des pêches en zone économique exclusive (ZEE), ainsi que la mise à terre d’éléments d’intervention et l’évacuation de ressortissants.

Raheriniaina