Culture

Spectacle – « Moi » subjugue par sa créativité

« Moi » ou « Izaho » d’Anjara et Ramy Rentia enchante par sa présentation, ainsi que par le message qu’il prône.

Lauréat d’un concours de projet culturel innovant organisé par le Cercle Germano-Malgache / Goethe Zentrum, « Moi » envoûte à travers sa poésie imagée et sa mise en scène contemporaine.

Un concept artistique inédit, qui surprend d’entrée par l’enthousiasme et la passion des artistes qui en sont à l’origine. « Moi » ou « Izaho» de la cinéaste Anjara Rasoanaivo et la jeune artiste Ramy Rentia a su surprendre le public féru d’art venu le découvrir dans le cadre du « Das Haus » organisé par le Cercle Germano-Malgache / Goethe Zentrum (CGM/GZ) du côté d’Ankadifotsy, dans l’ancienne demeure de feu Mamy Rakotoarivelo. S’affirmant comme un spectacle digital, « Moi » a transcendé le public le temps d’un après-midi, ce samedi. Il a pris les allures d’un dialogue artistique entre la vidéo et la poésie, le tout sublimé de fresques inédites à la peinture digitale.
Ceci-dit, le spectacle se découvre aussi comme un dialogue exclusif entre une mère et sa fille, là où l’amour maternel s’illustre fièrement entre deux individus à l’esprit créatif. Laissant la part belle à l’art numérique donc, le spectacle égaye de ses œuvres le lieu. Cinéaste et vidéaste, Anjara Rasoanaivo expose d’une manière assez pudique et poétique le poids du regard de la société sur soi, mais aussi sur les autres. Du haut de ses quinze ans, Ramy Rentia quant à elle, nous hypnotise par ses toiles qui représentent cette intimité propre à chacun. Le tout illustrant alors d’une manière intrinsèque, cet état d’esprit solitaire, mais solidaire qui nous anime.

A l’ère du numérique
Anjara Rasoanaivo confie « Avec ce spectacle, on tient à attirer l’attention du public sur l’importance du bien-être et de l’estime de soi et ce, sans tenir compte du regard de la société. Au-delà des réseaux sociaux, au-delà des nouvelles technologies et du numérique, on scande alors l’importance des dialogues et des échanges traditionnelles, en guise de rappel à l’ordre ». À force de vouloir paraître, on perd notre personnalité, on devient fragile et perméable, plus vulnérable à la perte de notre identité propre. C’est là essentiellement la mise en garde que « Moi » le duo mère-fille Anjara et Ramy Rentia souhaite nous partager à travers ce spectacle. Aller outre les influences grandissantes de la société pour pouvoir livrer bataille envers soi-même, afin que ce vous, ce « Moi » subsiste, telles sont les illustrations que ce projet artistique scande. « J’accepte la vie au quotidien, j’ai confiance en demain ! Je laisse partir les mémoires, qui m’empêchent encore de voir » évoque un poète, comme pour soutenir le message que véhicule le spectacle vis-à-vis de notre attachement au virtuel et aux réseaux sociaux. Eclectique à sa manière, ce spectacle se poursuit à travers une exposition tout au long de ce mois-ci au sein du « Das Haus » à Ankadifotsy. De même pour les nombreuses autres manifestations culturelles, dont les détails sont à découvrir au quotidien sur place.