Editorial

Sélection législative

Faudrait-il procéder à une sélection avant une élection ? On a beaucoup jasé sur la présence massive d’artistes aux élections législatives quant à leur compétence en la matière. Des préjugés péjoratifs sans doute étant donné qu’ils sont des citoyens à part entière et ont parfaitement le droit de se présenter à une élection. D’ailleurs pour certains, le statut d’artiste est une occupation complémentaire et la politique une seconde nature. Néanmoins il y en a ceux qui misent, ou plutôt leur patron mise sur leur popularité pour ramasser des voix. Pour un électorat dont le niveau d’éducation et de culture est de plus en plus dérisoire, il n’est pas question de diplôme ni de compétence du candidat encore moins de moralité, on votera pour celui qui est le plus charitable et celui qui fait les promesses les plus invraisemblables. Les candidats n’en demandent pas tant. Soit ils en profitent pour débiter toutes les âneries possibles, soit ils sont du même niveau que les électeurs et ignorent ce que c’est un député et quels sont ses rôles.
Certains candidats sont complètement à côté de la plaque et promettent de revoir les conditions des enseignants, de refaire ou construire des routes, de bâtir des écoles et des hôpitaux et on en passe et des meilleurs. Parmi eux figurent d’anciens ministres ou d’anciens maires.
On marche sur la tête et on inverse les rôles. Les futurs députés veulent jouer dans la cour de l’Exécutif et l’Exécutif manipule les futurs députés. On comprend mieux pourquoi depuis la seconde République l’Assemblée nationale n’a absolument servi à rien. De chambre croupion à l’époque de la révolution socialiste, elle est devenue une Chambre d’échos par la suite oubliant son rôle de censeur du gouvernement. Elle n’a été que le théâtre d’ignoble conspiration pour scalper le Président ou le Premier ministre.
On se demande si l’Assemblée nationale devrait également faire l’objet d’une révision constitutionnelle. Plus budgétivore que le Sénat et dépourvu de toute éthique et moralité, l’Assemblée nationale est certainement l’institution la plus détestée de l’opinion. Les députés se contentent de voter, du moins la vingtaine qui est assidue aux sessions, les projets de lois qu’on leur demande préalablement d’adopter sans jamais proposer des lois qui pourraient être utiles à la société. Pire, l’Assemblée nationale a constitué un véritable blocage pour l’adoption de certaines lois dont la médecine et la lutte contre le blanchiment de capitaux avaient besoin. Certains députés ne saisissent pas du tout l’importance de ces projets de lois qui leur ont été soumis et agissent par intérêt politique pour des sujets vitaux pour le pays.
Hélas, depuis 2002, les plus hautes fonctions de l’État sont accessibles à tout citoyen sans nécessité d’avoir des qualifications académiques ou des compétences avérées. Une réussite sociale dans un domaine donné a supplanté toute considération technique et toute formation préalable à une fonction spécifique. La hiérarchie a été bousculée, toutes les valeurs ont été bafouées.
Les crises successives, récurrentes et interminables ont pourtant montré qu’il faut remettre de l’ordre dans la maison. Tout le monde doit rester à la place où il s’est destinée et tout marchera mieux.
On aura tout vu à la Présidence depuis 1975. Un marin, un médecin, un prince de l’industrie laitière, un champion de la platine. C’est pire à Tsimbazaza où il y a toutes les espèces. On n’a jamais cessé de s’enliser dans la pauvreté. Ce n’est pas l’arrivée du pape François qui va apporter le salut.

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