Témoignage - Mario, enfant de rue, veut être médecin


Mario témoigne de la difficulté de sa vie dans la rue. Il continue à espérer une vie meilleure dans le futur. Il est quatre heures du matin lorsque Mario Rakotomalala, un enfant de 12 ans, doit se réveiller pour faire face à une dure journée. C’est un enfant de rue depuis sa naissance. Il s’installe du côté d’Analakely. « Je suis né dans la rue et je continue d’y vivre. Je mendie et des fois je collecte les ordures des magasins à Analakely pour me faire un peu d’argent et pour assurer mon repas », témoigne-t-il. Sans toit, Mario passe sa vie dans les ruelles du centre-ville avec les mêmes vêtements pendant les semaines. À l’épreuve du froid la nuit, il assure qu’il a quand même une couverture. « Je n’ai pas de vêtement de rechange mais j’ai une couverture pour me tenir chaud la nuit. Je me couche vers 22H et je dois me lever vers 4h du matin avant l’ouverture des magasins puisqu’on dort devant les portails d’un magasin, sinon on nous verse de l’eau froide sur la figure si nous tardons à nous réveiller », confie-t-il. Il a dû quitter l’école alors qu’il était en classe de 9ème dans une école publique de la capitale puis il a fini dans la rue. « J’étais élève dans l’EPP Antanimbarinandriana mais mes parents n’ont plus eu les moyens de m’inscrire. Depuis je cherche de l’argent et je travaille dans la rue pour subvenir à mes propres besoins », regrette-il. Ses parents vivent également dans la rue. Comme d’autres enfants, Mario veut encore retourner à l’école mais n’en a plus les moyens. « Je souhaite devenir médecin lorsque je serai grand. Ce qui me passionne c’est de soigner les gens et d’apporter du confort et des soins à ceux qui n’ont pas eu les moyens comme moi », livre-t-il. Sur cette lancée, il veut être intégré dans un centre où il peut s’épanouir et grandir dignement. En détresse Le cas de Mario n’est pas isolé. Nombre d’ enfants sont contraints de vivre dans la rue pour plusieurs raisons. Des parents qui sont au chômage et qui ont tout perdu, des parents qui ont fui la brousse pour trouver du travail dans la capitale. Actuellement, le nombre d’enfants de rue ou « 4mi » augmente de jour en jour. La crise économique que traverse le pays, mais également la conjoncture sociale, font que des enfants sont contraints de passer leur vie dans la rue pour plusieurs années. « On a répertorié près de douze mille enfants de rue en 2018. Ce nombre a augmenté depuis les crises sanitaires, économiques et sociales dans le pays », déplore Ando Mampionona Nomenjanahary, présidente de la Plate - forme de la société civile pour l’enfance. La balise pour que l’enfant n’arrive pas en situation de rue connaît des lacunes. Malgré des efforts menés pour prendre en charge ces enfants, les structures de prises en charge sont insuffisantes. Actuellement, dans le cadre du projet Sandratra, une douzaine de centres d’insertion pour les enfants de rue sont opérationnels. Le but est d’intégrer au moins mille six cents enfants de rue. La journée internationale des enfants de rue le 12 février a consisté à plaider en faveur de ces enfants sans défense. Le thème de cette année est « je suis un enfant de la rue, je souhaite être protégé ».
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