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Chronique

Du savoir-vivre en démocratie

La République est cette forme de régime où le pouvoir n’appartient pas à un seul. Certes, l’opinion commune croit que la République est l’organisation politique sans un souverain héréditaire. Mais, il existe des monarchies très libérales, comme il se trouve plus souvent des «républiques démocratiques» qui ne laissent aucune chance aux droits et libertés.

La vie politique française m’est plus lisible que la cacophonie malgache des innombrables particules qui se regroupent opportunément dans des «mouvances présidentielles» à géométrie variable. Il faut dire que nos études de Droit constitutionnel à l’Université d’Antananarivo furent mieux documentées concernant la « Longue Marche » du général de Gaulle, depuis le discours de Bayeux jusqu’au référendum constitutionnel de 1962, suivie des multiples polémiques juridiques à propos de la « monarchie républicaine » qu’est la Vème République française.

Tout de même, cette Constitution française d’octobre 1958 perdure depuis 63 ans quand, dans le même intervalle de temps, Madagascar en a expérimenté six, sans parler de deux textes transitoires. Le scrutin d’avril 2022, premier tour des présidentielles françaises, aura porté le coup de grâce aux trois trois grands partis dont la permanence aura grandement simplifié la lecture de l’échiquier politique français : les gaullistes, les socialistes, les communistes. Si l’offre politique malgache s’articulait au moins autour de choix idéologiques ou philosophiques clairs, on y verrait déjà mieux dans le fouillis d’une centaine de partis.

Cette «lisibilité» française se brouille quand le politiquement correct invente un «front» autoproclamé «répu­blicain» qui prétend «faire barrage» à la droite nationaliste sans craindre d’associer à son «cordon sanitaire» une gauche anarchiste qui a confisqué l’adjectif «populaire». Dans cette coalition hétéroclite, à la mode malgache, quel peut bien être le dénominateur commun idéologique ?

Heureusement, parce que j’ai besoin de trouver quelque mérite à un système dont je voudrais voir importés certains « fomba », tout ce petit monde sait médire et maudire sans verser dans la vulgarité. C’est là une « comédie humaine » d’autant plus réconfortante à regarder que la politique malgache devient un torrent d’hystérie facebookienne, où l’on s’étonne que l’abécédaire aille finalement plus loin que des onomatopées ou des interjections.

L’hypocrisie est un vernis du savoir-vivre, «mahalala fomba». Autrefois, notre société était réputée pour certains silences qui en disaient long. Désormais, chaque « kabary » sans principe directeur ni valeur à incarner, péroré par quelque personnage sans crédibilité intellectuelle ni honorabilité morale, constitue une authentique nuisance sonore. Malheureusement, une démocratie dévoyée, un peu trop démocratique et tellement populaire, leur assure une formidable, mais absurde, caisse de résonance.

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