Chronique

Pas de castration vestimentaire

Outre que j’ai toujours été favorable à la peine de mort contre les violeurs (ce qui constituerait par exemple une vraie profession de foi pour un candidat aux législatives), je suis par contre opposé à toute forme de castration vestimentaire de la femme.

Je prefère le nombril à l’air des femmes hindoues au voile intégral des femmes en pays d’islam rigoriste. Ce n’est pas la peine de dénoncer ici l’apparition récente de musulmanes voilées et sans visage dans nos rues (un phénomène qui signifie l’irruption en terre malgache d’une pratique islamiste intégriste dont on sait à quelles abominations fanatiques elle a débouché chez les Talibans, chez Boko Haram, chez Daech, etc.), ce n’est donc pas la peine de s’inquiéter des niqab et autre burka, s’il fallait que le Ministère de l’éducation nationale associe l’agression dont les femmes sont victimes à l’estivité de leur tenue.

J’associe aussitôt toute velleité d’imposer un code vestimentaire à la femme comme une régression : c’est la même motivation à dispenser la femme du port du voile devant de jeunes enfants ou des eunuques… Mais, dans quelle civilisation dégénérée nous serions si c’est la victime qu’on montre du doigt et le criminel qu’on excuserait presque de perdre sa tête (et l’ayant perdue, autant lui appliquer la peine justement «capitale»).

En 1956, raconte l’écrivain marocain Tahar ben Jelloun, le roi du Maroc Mohammed V (dont une rue d’Antananarivo, entre Antanimbarinandriana et Lac Anosy, porte le nom), à son retour d’Antsirabe où l’administration coloniale française l’avait envoyé en exil, n’avait pas hésité à montrer ses filles sans voile. «Entre la fin des années cinquante et le début des années quatre-vingt, les Marocaines avaient dans leur majorité abandonné le port du voile. Elles portaient la djellaba et gardaient la tête non couverte. C’est avec la révolution iranienne et les discours démagogiques de Khomeyni que le voile a refait son apparition» («Maroc : voilés, dévoilées, les femmes sèment le trouble», taharbenjelloun.org).

En Israël, les communautés juives extrémistes, haredim, prétendent hâter la venue du Messie en appliquant de manière stricte les règles de la «tsniout» (pudeur) : la «frumka» cache la femme sous sept voiles, dix jupes et des gants noirs…

Dans la Bible, (Genèse 29.26), l’épisode de Jacob croyant épouser Rachel illustre l’absurdité de cette ancienne coutume de voiler la femme : la femme arrivant voilée jusque dans la chambre nuptiale, le futur marié ne savait pas qui il épousait, et de fait Jacob se retrouva avec Léa… Présent dans la Torah, dans la Bible et dans le Coran, le voile est définitivement une tradition de ce Moyen-Orient terre d’éclosion des trois religions du Livre. Procédé classique que d’inventer un prétexte religieux pour justifier des préoccupations de mâles qui, eux cependant s’en vont libres de leur corps.

La femme est un chef d’oeuvre de la nature et notre Humanité serait bien triste, terne, en un mot monacale, si partout il n’y aurait que des femmes attifées en Mère Teresa (dans les années soixante-dix, époque où l’on distinguait encore les «mitafy lamba» et les «mitena akanjo», ma grand-mère, au moment de la communion, se couvrait les cheveux d’une mantille qui lui tombait jusqu’au menton) ou engoncées dans la camisole d’une burka noire. C’est la possibilité d’ambiguïté qui permet la séduction, ce jeu tout en subtilités que ne connaissent pas les brutes ignorantes des assiduités galantes.

Je ne sais pas quel contenu le Ministère de l’éducation nationale entend donner aux prochains cours d’éducation civique, mais quoiqu’ayant passé dix dans un Collège de garçons, je n’ai jamais été de ceux qui sifflent une fille dans la rue ou de ceux qui, derrière la lâcheté de groupe, importunent une passante au point de la tripoter sans son consentement.

Là est le véritable enjeu dont devrait se soucier le Ministère de l’éducation nationale : éduquer les jeunes mâles à respecter l’autre moitié de l’Humanité.

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