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Maladie transmissible – Le Sida se propage en silence

Les dépistages de masse pendant la célébration de la journée mondiale de la Santé à Androhibe ont attiré beaucoup de monde.

Les personnes vivant avec le VIH/Sida seraient de plus en plus nombreuses. Le nombre de cas détectés ne refléterait pas encore la réalité.

Le VIH/Sida se propage silencieusement. Un nouveau cas suspect a été détecté pendant la célébration de la journée mondiale de la Santé au Coliseum Androhibe. Cet homme de 26 ans faisait partie des trois cent soixante six personnes qui ont fait un test de dépistage du Vih/Sida, organisé dans le cadre de cet évènement.

« Un cas sur trois cent, c’est beaucoup », souligne le Dr Ange Ravelonirina, responsable du Programme de lutte contre le VIH/Sida auprès de la direction régionale de la Santé à Anala­manga. Cet homme devra passer à un autre
test pour confirmer son statut sérologique.

Les chiffres sur le Vih/Sida sont encore plus frappants au niveau du Bureau municipal de l’hygiène (BMH) à Isotry. «Au mois de mars, douze nouveaux cas ont été confirmés, et en ce mois d’avril, nous avons déjà détecté trois cas », rapporte le Dr Hervé Rabeson, médecin référant et chef de service médical au niveau de la Commune urbaine d’Antananarivo.

Pour les médecins qui travaillent dans la lutte contre le VIH/Sida, le nombre des cas ne cesse d’augmenter.

Statut sérologique inconnu
Les hommes porteurs du virus sont en plus grand nombre que les femmes.
Plus de la majorité des cas détectés au BMH Isotry seraient des professionnels du sexe. L’un serait une femme enceinte.

Le nombre total des cas s’élève à quatre mille quatre cent à Madagascar, selon le rapport du ministère
de la Santé publique. Cette statistique ne refléterait pas la réalité, car il n’y aurait que 13% de la population estimée infectée par le virus qui connaît leur statut sérologique.

L’objectif est que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, en l’an 2020. Mada­gascar est encore très loin de cet objectif. Peu de personnes acceptent de se faire dépister. Les uns ont peur d’apprendre qu’ils sont séropositifs au VIH, d’au­tres se croient protégés du virus.

Les médecins rappellent pourtant que personne n’est totalement protégé de la maladie. Le virus ne se transmet pas uniquement par des rapports sexuels non protégés ou le contact important avec du sang contaminé. Une femme enceinte peut contaminer, également, son enfant.

Révision des textes sur la lutte contre le VIH

La commission nationale sur le VIH et le droit a tenu sa première réunion, en ce mois d’avril. Composée de plusieurs associations qui agissent contre le VIH/Sida et co-présidée par le ministère de la Santé publique et celui de la Justice, elle a pour but de réviser les textes sur la lutte contre le VIH/Sida. Plusieurs thèmes ont été évoqués, à savoir, la redéfinition du mot « jeune émancipé ». Selon la loi en vigueur, les mineurs doivent être accompagnés par leurs parents pour passer à ce dépistage. Il est aussi indiqué qu’il est libre pour les jeunes émancipés. Les personnes âgées entre 15 et 24 ans sont classées « jeunes » à Madagascar. La diminution de l’âge de dépistage est, donc, probable. D’autres propositions sont attendues de la part des membres.