Texto de Ravel

#MajupeMondroit

Que peut-on exprimer d’autre que notre plus profonde gratitude au Ministère de l’éducation Nationale ? Grâce à la grosse boulette de leur service de communication, grâce à leur perception machiste de la femme Malagasy, grâce à cette publication honteuse, le hastag #majupemondroit est né. Retour sur l’affaire pour ceux qui ne voguent pas sur les eaux de Facebook et de Twitter.

Hier dans la matinée, sur la page Facebook dudit Ministère apparait le dessin d’une jeune femme, cheveux bruns, du rouge à lèvres et un vernis à ongle tout rouge. Jeune femme dans une robe verte décolletée assez courte ou soulevée pour qu’on puisse voir ses cuisses et ses fesses. Le post qui allait avec disait : « les vêtements simples et sages que portent les jeunes filles diminuent les besoins diaboliques des hommes qui aiment les violenter. Il est donc du devoir des parents de montrer et mettre leurs filles sur le droit chemin pour les éloigner des vêtements qui incitent (les hommes) et qui les dénudent ».

Tôllé d’indignations nationales et interna­tionales. Si une femme se fait violenter, violer, harceler par un homme : c’est la faute à ses vêtements, celle de ses parents. Ce ne serait nullement la faute de l’agresseur. Une fois de plus, le coupable est la femme Malgache qui fait voir son corps, porte des vêtements aguicheurs qui agressent l’agresseur et l’incite à aller planter son malheureux pénis entre les cuisses d’une…nonne. Mais pourquoi elle a mis une soutane ce jour là où un pervers en mal être n’avait rien à faire de sa journée ?

Nombreux sont les commentaires qui, au lieu de soutenir l’indignation, cherchent encore à culpabiliser les femmes. Certains disent que c’est comme si toutes celles qui étaient violées avaient des jupes longues ! Le malheureux Ministère de l’éducation n’est qu’un élément déclencheur qui nous a fait découvrir une réalité toute autre. Dans la société Malgache, la violence faite aux femmes n’est que le bout d’un iceberg immense. L’administration toute entière n’est que la cristallisation d’un mutisme général.

#majupemondroit, le challenge ! Cela consiste à se vêtir du vêtement qui vous exprime le plus (de préférence une jupe ou une robe), de faire un selfie et de le poster sur les réseaux sociaux. En signe de ras-le-bol du machisme et des jugements mal placés à l’égard de nos accoutrements féminins. Le mouvement Nifin’Akanga qui a lancé le défi a aussi invité ces dames à écrire en commentaire : Ma jupe, mon droit. Sa braguette, son problème avec la loi. Mon corps, mon droit. Mon utérus…pas ta décision !

Ce qui est sûr, c’est que la culture du viol, de l’inceste et de tout ce qui touche les violences autant sur le plan physique, psychologique et économique sur les femmes et filles Malgaches reste forte. La culpabilisation est plus grande et viscéralement inscrite dans la société où le problème est déplacé sur la longueur de la jupe et non l’éducation, la responsabilité des harceleurs et les pervers.

Il est du devoir des parents, notamment des pères, d’éduquer leurs fils à comprendre que la femme n’est pas du bétail. Que la femme se respecte et que le consentement est sacré. Les vêtements que porte une femme ne sont point une incitation au viol. Que le viol est un acte inexcusable car l’homme est responsable de
son pénis.

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