TAHINA RAZAFINDRAMALO - « Madagascar à la pointe de la transformation digitale »


Madagascar va abriter du 19 au 20 mai au Novotel d’Alarobia, les Assises de la transformation digitale en Afrique, ATDA. Une reconnaissance internationale des progrès accomplis, se félicite le ministre de tutelle, Tahina Razafindramalo. «Une marque de confiance des partenaires techni­ques  et financiers envers nos projets. Un honneur pour le pays. Une occasion de faire valoir nos atouts dans l’économie du numérique ». C’est sous cette trilogie d’un certain niveau que Tahina Razafindramalo, ministre du Développement numérique, de la transformation digitale, des postes et télécommunications, a présenté hier au siège de l’Agence de régulation des technologies de communication, ARTEC, à Andohatapenaka , de la tenue du 19 au 20 mai au Novotel, de la douzième édition des Assises de la transformation digitale en Afrique, ATDA. « Sous l’impulsion du président de la République Andry Rajoelina, Madagascar avance à grands pas dans la transformation digitale sous le sceau de l’e-gouvernance. De nombreux projets s’articulent autour de ces deux lignes directrices. Je citerais les réformes de l’état-civil, la production des carnets numériques au niveau des 192 fokontany de la capitale ayant permis de recenser les membres de la famille des 400 000 ménages ayant facilité le contrôle de la distribution des Vary Tsinjo et des aides aux sinistrés. Ce qui a nécessité des travaux en profondeur avec d’autres ministères comme celui de l’Intérieur et de la décentralisation, la Commune urbaine d’Antana­narivo… Sur les projets, ils sont nombreux. Le Projet d’Infras­tructure de Commu­nication, PICOM, le projet de Moder­nisation des réseaux de télécommunications de l’Administration Malagasy, MRTAM, et le Projet de gouvernance digitale et de gestion de l’identité Malagasy, PRODIGY ou encore le projet DECIM (Digital and energy connectivity for Inclusion in Madagascar). Le déploiement des HOTSPOT (wifi gratuit), des Smart Villages et des TIC BUS (véhicules mobiles équipés de connexion Internet) constitue également les bases de notre politique d’inclusion numérique ». Sans compter la digitalisation des services douaniers et de la direction générale des impôts. Gain de temps Devant permettre une lutte plus efficace contre les fraudes et la corruption par l’élimination progressive des paperasseries administratives. Avec un gain de temps. Rien que pour le Decim, la Banque Mondiale a déboursé pas moins de 400 millions de dollars. « En trois ans les Ntic ont bénéficié de 500 millions de dollars d’aides financières. Ce qui atteste de la confiance des bailleurs de fonds » insiste Tahina Razafindramalo qui entrevoit dans ces rencontres de très bonne facture , au regard des qualités intrinsèques des conférenciers, de belles occasions pour Mada­gascar de se distinguer. Selon une note de présentation de l’ATDA « Souvent peu citée dans les classements africains du numérique, l’île recèle pourtant de grands atouts qui pourront contribuer à marquer son empreinte dans la mappemonde du digital. Trait d’union entre l’Afrique et l’océan Indien, Madagascar concentre une importante connectivité internationale via les câbles sous-marins qui traversent le pays. De ce fait, la Grande-île est devenue une destination prisée dans le développement des services IT, notamment dans les secteurs du Process business outsourcing et dans la relation client pour le compte de grandes multinationales. Cela a été rendu possible grâce au dynamisme de sa jeunesse et à la qualité des formations notamment. Par ailleurs, une grande réforme de la réglementation est en cours pour accroître les revenus issus du secteur du numérique et anticiper l’arrivée des métiers du futur engendrés par le digital. En désignant Madagascar pour abriter cette 12ème édition des ATDA, le comité d’organisation tenait à rendre hommage à ce pays pour les efforts qu’il déploie dans le secteur de la formation. À travers des partages d’expériences, des cas d’usage, mais aussi des rencontres B2B, ces assises visent à semer les graines de la coopération dans la formation, mettre en valeur ce qui marche et ce qu’il reste à faire, disséquer les problématiques et proposer des réponses et enfin permettre aux acteurs de l’écosystème de se rencontrer pour mettre en place de nouveaux projets. Pour que, partout en Afrique, la jeunesse soit formée aux compétences numériques et permette ainsi le développement du continent sous toutes ses formes ». Placée sous la thématique « Le capital humain, catalyseur d’un écosystème numérique africain peformant », cette douzième ATDA, ne peut que répondre au potentiel insoupçonné des Malgaches. « La plupart des grandes entreprises ayant bâti leur renommée mondiale ont eu pied à Madagascar. Elles sont satisfai­tes de la qualité de la main d’œuvre intellectuelle. Nous allons consolider ces acquis avec une population composée en grande partie par des jeunes dont 65% ont moins de vingt cinq ans. Je suis admiratif de leur maîtrise des divers métiers du numérique. Certains ont quitté le pays mais nous allons faire le nécessaire pour les faire revenir ». Aucun doute n’est plus permis. Madagascar va mettre le paquet pour faire des nouvelles technologies de l’information et de la com­munication un levier de son développement économique. Un passage obligé du reste. Détaxation envisagée Pour réduire les coûts d’accès à internet, Tahina Razafindramalo évoque trois paramètres essentiels interdépendants. La con­nectivité par des réseaux fiables, l’électrification et les prix des équipements y afférents. Smartphones, tablettes et ordinateurs. « Ceux-ci sont encore frappés par une surcharge de 20%. Un système de détaxation va être avancé dans le Projet de loi de finances rectificative à venir. Afin de faciliter leurs acquisitions. Pour la couverture, j’en discute presque tous les jours avec les opérateurs des télécommunications qui peuvent désormais passer au 4G. Mais cela va nécessiter de gros investissements. Changer un pylône reviendra à 200 000 euros alors que le pays en compte 3 000. Il est à noter que malgré la hausse des prix de l’énergie majorée de 45%, de ceux des produits de première nécessité, les coûts des télécommunications n’ont pas bougé depuis trois ans ». 12 milliards d’ariary économisés dans les bourses La digitalisation du paiement des bourses d’étudiant, via l’e-poketra, a mis le feu aux poudres dans les campus. « Mais ce procédé qui a mis un terme à 60 ans de mauvaises pratiques, a permis de chasser les faux étudiants et de déceler de nombreuses anomalies. En tout, l’État a pu économiser 12 milliards d’ariary. Notre ministère a collaboré avec celui de l’Économie et des finances et avec le ministère de l’Enseignement supérieur et la recherche scientifique ainsi que de nombreuses autresentités pour réussir cette opération délicate, s’il en est ». Des téléphones illicites Selon Tahina Razafin­dramalo, « sept téléphones sur dix écoulés sur le marché sont non-déclarés. Mais le comble c’est qu’ils sont vendus sous l’étiquette "Toutes taxes comprises". Alors qu’ils suivent un circuit de distribution parallèle, à l’abri de toutes les impositions fiscales. Une situation qui fait perdre à l’ARTEC des recettes financières conséquentes. Nous allons y remédier par des références obligatoires ». Institut national de transfor­mation digitale pour bientôt Huit cents ingénieurs en informatique sortent chaque année. Ce qui va être dépassé par les besoins. Aussi l’Institut national de la transformation digitale va être mise en place. « La sélection des apprenants se fera sur sélection de dossiers. Sans exigence de diplômes. Tout va être pris en charge par l’État avec des bourses d’excellence aux mérites et non pas des bourses républicaines pour tous. Cela fournira au pays des techniciens bien formés et aptes à s’attaquer au marché du travail du numérique ».
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