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Editorial

Suite récurrente

Les grèves des étudiants et les mathématiques ont ceci de commun la suite récurrente. Depuis 1972, soit presque un demi-siècle, les grèves sont devenues monnaie courante dans les universités. D’une génération à une autre, la tradition se transmet , l’héritage passe d’une main à une autre. Il n’y a pratiquement pas une année universitaire épargnée par les grèves. La plupart du temps les grèves sont motivées par des revendications boursières ou des arriérés de bourses ou de présalaire.

Des fois les grèves coïncident avec une conjoncture tendue et les politiciens s’en servent souvent pour déstabiliser le pouvoir en place. C’est encore le cas actuellement. Des foyers de grève éclatent ici et là de façon presque simultanée. Il faut dire que les revendications sont légitimes et qu’il ne faut pas les réduire à des manipulations de l’opposition. Il est très facile de tout mettre sur le dos de l’opposition qui n’exploite que les maladresses du pouvoir. C’est la faute aux dirigeants de ne pas essayer à tout prix de trouver une solution et de régler le problème une bonne fois pour toute.

On ne comprend pas pourquoi les bourses, les vacations, les primes, les indemnités, les présalaires ne sont jamais payés régulièrement depuis des années pour créer un foyer de tension systémique dans les universités. Pourtant le budget destiné pour ces dépenses devrait figurer dans la loi de finances.

Il y a donc anguille sous roche. Mais ce n’est pas vraiment étonnant quand on sait que le budget des universités est réduit à une portion congrue depuis plusieurs années et que le ministère de l’Enseignement supérieur n’a eu droit qu’à cents postes budgétaires dans la loi de finances sur les sept cent qu’il a demandés. Autant le dire, cent postes c’est juste ce qu’il faut pour une seule université.

Il y a donc une incohérence manifeste entre les objectifs et les moyens. C’est d’autant plus surprenant qu’on projette de construire plusieurs universités avec l’économie tirée de la réduction du nombre de sénateurs.

Aussi longtemps que les bourses, mettront du temps à être réglées, il y aura toujours des grèves. Et il ne faut pas simplifier les choses en mettant en cause l’opposition. C’est un façon de ne pas régler le problème de façon définitive.

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