Editorial

Marché arrière

C’est juste une illusion. L’éclaircie n’aura été que de courte durée. Les tananariviens ont dû vite déchanter. La capitale débarrassée de ces marchands de rue, c’est trop beau pour être vrai. Avant même la prise de fonction du nouveau maire, la police nationale a pris l’initiative de dégager les marchands illicites pour fluidifier la circulation. On croyait qu’il s’agissait d’un programme concerté avec la nouvelle administration de la cité, il n’en fut rien. La politique a très vite pris le dessus. La CUA n’a pas résisté aux complaintes des marchands qui arguent que les autorités communales doivent trouver un espace pour eux comme si les trottoirs étaient leur patrie. La CUA a visiblement choisi le camp des dix mille marchands à celui des deux millions d’habitants de la capitale. elle n’a pas tout à fait tort quand on voit le taux de participation aux communales et les voix obtenues par les deux candidats.

Depuis hier, les marchands se sont réappropries trottoirs et chaussées à Andravoahangy, Behoririka, Mahamasina, Analakely, Anosibe…Ils se sont même appropriés le jardin d’Anosy et les trottoirs de l’ancienne RNM. Une marche arrière qui provoque l’indignation des tananariviens. Mais il est vrai que le nouveau maire a toujours déclaré, pendant la campagne, qu’il ne procéderait pas à l’expulsion des marchands de rue. On lui reproche juste de ne pas tenir parole, pire d’avoir trahi les marchands avec l’assainissement entamé par la police. Du côté de la CUA, on avance qu’il s’agit d’une disposition provisoire mais force est de constater que le provisoire a déjà duré vingt ans. Les projets de construction de nouveaux marchés à Analamahitsy et à Anosibe ne verront pas le jour à court terme. en attendant, on se demande pourquoi le tsena Fitiavana , un marché couvert à étage à la Petite Vitesse est laissé à l’abandon. Pourtant, il peut abriter plusieurs milliers de marchands. Un investissement à fonds perdu qui se chiffre à plusieurs dizaines de milliards d’ariary.

Autrement dit, l’anarchie et le désordre ont de beaux jours devant eux. C’est dommage que la CUA n’ait pas daigné suivre cette dynamique d’assainissement. sa tâche a été pourtant facilitée par les forces de l’ordre. Ce qui n’a pas été le cas pour la mairie sortante abandonnée par le pouvoir central dans ses efforts. Les tananariviens devront ainsi ronger leur frein avant un hypothétique retour de l’ordre, de la propreté et de la sécurité. Une aspiration devenue chimérique d’un jour à l’autre. Marché non conclu.

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