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Editorial

Mal… ariary

L’euro à 5000 ariary c’est presque acquis. Un record absolu et ce n’est pas fini. Il faut remonter au début de 2004 pour retrouver une dégringolade aussi rapide. L’euro edt passé de 1000 ariary à 3000 ariary en l’espace de deux mois. Une chute d’autant plus inattendue que pendant huit mois de grève en 2002 où toute la machine était bloquée, l’ariary n’a pas bougé d’un iota. Jusqu’à présent aucun économiste n’a pas expliqué l’origine de ce phénomène. Le ministre des Finances de l’époque avait argué qu’il s’agissait de spéculations de personnes détenant une réserve en devises importante. Trop simpliste pour être valable. Pour influer le cours des devises il faut être plus riche que la Banque centrale. Depuis la première dévaluation du Fmg en 1982 sous la pression des bailleurs de fonds, la monnaie nationale n’a cessé de s’enfoncer.

À l’époque la mesure était imposée pour soi-disant booster l’exportation, pour que les produits malgaches soient compétitifs sur le marché international. Belle supercherie étant donné qu’on n’avait plus grand chose à exporter, les sociétés et entreprises nationalisées ont toutes fait faillite. On se retrouve donc dans la même situation sauf qu’entre temps le pouvoir d’achat a été divisé par cent alors que les prix ont été multipliés par vingt. Autrement dit la pauvreté a été multipliée par cent. Un pauvre qui avait pu acheter un litre de lait à l’époque ne peut plus se payer la moitié du quart de litre du même produit aujourd’hui. La descente aux enfers de l’ariary renchérit les produits importés. Et comme on importe 90% des biens, il est évident qu’on subit de plein fouet les conséquences de cette chute. Et dans le milieu politico-économique on reprend le tube de l’été des années 80. C’est l’occasion ou jamais d’exporter au maximum. Soit mais quoi exporter? Seulement si on pouvait exporter la pauvreté ou les ordures. L’importation est dix fois plus de l’exportation. Et on n’exporte que des échantillons. On n’a jamais pu satisfaire les besoins du marché comme l’Agoa ou le Comesa.

C’est la raison pour laquelle les industriels ne sont pas très chauds pour intégrer la Zlecaf. Selon eux, cela va davantage privilégier l’importation au détriment de l’exportation. Il faut ainsi produire d’abord pour satisfaire la demande locale, limiter l’importation et penser ensuite à l’exportation. C’est l’objectif du projet ODOF ( One district one factory) piloté par le ministère de l’Industrialisation , du commerce et de la consommation. Cette année verra la mise en place de soixante-quinze petites unités industrielles performantes à l’image de miellerie, sucrerie, huilerie… Le projet va enclencher sa vitesse de croisière. La seule issue pour éviter les contre coups de la dépréciation de l’ariary est de mettre fin à l’importation massive. Autrement on continuera à souffrir de la mal…ariary jusqu’à la fin des temps.

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