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Trafic d’Or – La douane se dédouane de toute responsabilité

Lors  du  point  de  presse  avec  Ernest  Zafivanona  Lainkana,  directeur général  de  la  douane  et  les  responsables  au  niveau  de  la  douane.

La direction générale de la douane donne sa version des faits et ses hypothèses sur l’affaire des 73,5 kilos d’or. Une occasion, aussi, pour se défendre face aux éventuelles responsabilités dans ce dossier de « contrebande ».

À qui la faute? La direction générale de la douane oriente vers d’autres hypothèses sur l’affaire des 73,5 kilogrammes d’or, tout en ménageant ses éléments détachés au niveau des aéroports d’Antananarivo et de Toliara.

Comme si elles se sont donné le mot, quelques entités ont organisé une rencontre avec la presse, hier, au sujet des 73,5 kilogrammes d’or saisis en Afrique du Sud. La direction générale de la douane à ouvert le bal. Durant près d’une trentaine de minutes, les responsables de cette direction rattachée n’ont pratiquement rien dit de nouveau par rapport à ce qui a déjà été traité en long et en large par la presse, ces derniers jours.

Ernest Zafivanona Lainkana, directeur général de la douane a, notamment, parlé du fait que l’acte « malien », présenté comme justificatif par les contrebandiers présumés est « faux ». Volasoa Razafitrimo, directrice des affaires juridiques et de la lutte contre la fraude, a indiqué que les enquêteurs de la douane ont constaté « une infraction mixte de douane et de change ». Soja Randriama­nantena, directeur des services extérieurs, pour sa part a soulevé l’hypothèse, que « l’or a été disposé en avance dans l’avion ».

Passivité inquiétante

Il a été souligné d’entrée, hier, qu’après un communiqué de presse, le 5 janvier, la douane s’exprime pour la première fois sur l’affaire des 73,5 kilos d’or. Il a, pourtant, fallu insister pour poser des questions et avoir des éclairages sur ce qui a été dit. Des points évoqués intriguent, en effet.

Le directeur Randriama­nantena insiste qu’il n’y a pas eu de formalité douanière à l’embarquement, à l’aéroport d’Ivato. Ceci, parce que la douane n’a pas été informée du vol 24 heures à l’avance, comme le veut le protocole. Seulement, il a ajouté qu’une fois informée que l’aéronef en « refueling » à Toliara était en partance pour Johannesburg, des vérifications ont été faites. « Les bagages ont été sortis sur le tarmac », souligne-t-il.

Les 73,5 kilos d’or saisis en Afrique du Sud, ont été transportés dans une valise. Une charge qui ne devait pas passer inaperçue lorsque le poids règlementaire pour une valise dans un vol commercial est de 23 kilos. Il a été insisté hier, que les formalités douanières auraient dû être faites avant l’embarquement à Antananarivo, dont le passage au scanner des bagages.

Rattrapant les propos de son collègue, la directrice Razafitrimo a soutenu que « c’est le pilote qui a descendu les bagages », sur le tarmac. Sur les photos, qui ont circulé sur les réseaux sociaux, ajout-t-elle, « la valise était affaissée, pour ne pas dire presque vide, alors que c’est dans cette même valise que l’or a été découvert en Afrique du Sud ». La valise aurait-elle donc, été vidée dans la soute avant d’être sortie sur le tarmac?

L’agent de la douane présent sur le tarmac, présent sur l’une des photos qui circulent sur les réseaux, n’aurait donc rien remarqué de suspect. Il n’a pas, non plus, pris la peine de jeter un coup d’œil dans la soute. Une passivité inquiétante. Personne, par ailleurs, n’a dit le mot « fouille », hier. Le fait que l’autorisation pour un vol international n’ait été communiquée qu’à Toliara, alors qu’à Antananarivo il a été question de vol intérieur, devait éveiller de forts soupçons.

« Lors d’une escale [ce qui serait le cas à Toliara donc] on ne parle pas de formalité douanière à l’embarquement et ce n’est pas sur un tarmac que ça se fait », défend la directrice Razafitrimo. Elle renchérit en soutenant que le fait que la douane n’aurait pas été informée en temps utile, ou que des enregistrements vidéos « ont été effacés », aussi, « nous ne savions pas ce qui s’est passé à l’embarquement ».

Sur sa lancée, la responsable soutient que « Suivant l’hypothèse précédemment soulevée, une chose bien cachée, bien que la douane ait vérifié, nous n’avions rien trouvé. C’est probablement, la raison pour laquelle nous n’avions pas été informés à temps, pour ne pas trouver ce qui a été embarqué dans l’avion ». Comme quoi, il suffit de bien cacher les choses pour les faire passer au nez et à la barbe, des entités de contrôle. Cela est peu rassurant en matière de sûreté et d’imperméabilité des ports et aéroports.

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