Economie

Redevance minière – Les industriels dénoncent un préjugé tenace

Le ministre Fidiniavo Ravokatra en marge de la présentation des rapports EITI

Le gouvernement entend augmenter les redevances minières à travers un avant-projet de loi sur le code minier en cours d’élaboration.

Promesse de campagne. Dans son allocution dans le cadre de la présentation des rapports EITI 2017 et 2018, la représentante du collège des industries du secteur extractif dans le comité national Lydia Boarilaza a attiré l’attention sur le préjugé autour des acteurs. «Nous pensons que l’EITI est un endroit où toutes les parties peuvent échanger, discuter et se comprendre et on espère que le processus va diminuer le préjugé selon lequel l’industrie extractive ne contribue pas assez à l’économie de Madagascar. C’est pour cela que nous exhortons toutes les parties prenantes à prendre connaissance des contenus des rapports afin de connaitre davantage la contribution du secteur à l’économie», a-t-elle indiqué. Réagissant à l’annonce du ministre des Mines et des ressources stratégiques Fidiniavo Ravokatra d’une irrémédiable hausse des redevances minières, Lydia Boarilaza d’indiquer que les acteurs du secteur extractif demandent plus de concertation notamment dans le cadre de l’élaboration de l’avant-projet de loi sur le Code minier en cours.

Attractivité
Le ministre de tutelle a confirmé les velléités du gouvernement de toucher aux redevances minières conformément à l’approche du président de la République durant la campagne présidentielle en avançant des taux de 4% à 8% selon les exploitations si celles-ci se cantonnent à l’extraction ou font intervenir des premiers niveaux de transformation. Il a toutefois souligné que les discussions avec toutes les parties prenantes sont toujours privilégiées, non sans donner le ton d’emblée en affirmant que le secteur extractif doit rapporter plus à l’état. «Les investisseurs sont écoutés car ils ont des intérêts en jeu. Des négociations sont menées pour parvenir à un compromis», a-t-il poursuivi.

Pour les acteurs du secteur extractif, une hausse des redevances risquent de nuire à l’attractivité du pays aux yeux des investisseurs.
D’après l’un d’eux, investir à Madagascar nécessite une forte mobilisation de capitaux à cause de la faiblesse des infrastructures, essentiellement pour le transport et l’électricité. «L’avant-projet a été adopté en Conseil du gouvernement. Il doit bientôt passer en Conseil des ministres. C’est encore le moment d’y apporter des améliorations», a précisé pour sa part Fidiniavo Ravokatra. Dans ce sens, un atelier sur l’avant-projet de loi se tiendra le 20 décembre au Mining Business Center.