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CORRUPTION SEXUELLE DANS LES ÉCOLES – Une enseignante se dit être victime de harcèlement de son supérieur

Le TI-IM a présenté les résultats d’une étude sur  la corruption sexuelle à Boeny et à Atsimo Andrefana.

Les résultats d’une étude sur la corruption sexuelle dans les écoles et les universités ont été présentés, hier. Ce phénomène serait en recrudescence.

«Affecta-tion disciplinaire ». Une enseignante que nous allons appeler Felana en serait victime. « J’ai refusé les avances de mon supérieur. Mécontent, il a cherché tous les moyens pour m’évincer de l’établissement scolaire », nous confie-t-elle, hier. Ce directeur d’école publique lui aurait fait subir des attouchements.

« Je lui ai demandé de signer une paperasse administrative. à chaque fois que je me présentais dans son bureau, il trouvait toujours des motifs pour ne pas le faire. Puis, au bout d’une semaine, lorsqu’il a ressenti que j’ai été pressée, il a changé de comportement. Il a commencé à me toucher. Ces intentions ont été claires, il voulait une relation sexuelle, en échange de sa signature. Mais je l’ai refusée», témoigne cette enseignante.

Ce refus aurait conduit à son affectation dans un autre établissement scolaire. Le résultat de l’étude sur la corruption sexuelle dans les écoles et les universités, dans les régions Atsimo Atsinanana et Boeny, conduite par le Transparency international-Iniative Madagascar (TI-IM), a montré que la corruption sexuelle est un fait dans les milieux scolaires et universitaires de ces deux régions.

De bonnes notes

C’était lors de la présentation de ce résultat à l’hôtel Radisson Blu à Ambodivona, hier, dans le cadre de la phase 2 du projet de lutte contre la corruption sexuelle dans le secteur de l’éducation. La phase 1 de ce projet, réalisé à Antananarivo, à Toamasina et à Antsiranana, a montré le même constat. « Aussi bien les élèves que les enseignants ont avoué avoir été victimes de cette corruption sexuelle », indique Malala Raonintsoa, analyste de données du TI-IM.

Les témoignages des personnes interviewées ont indiqué que le phénomène émerge, au niveau des classes secondaires, et même, à partir de la classe de cinquième. « La corruption sexuelle est plus fréquente dans les enseignements secondaires que dans les universités », enchaîne cette analyste de données. Les auteurs (ndlr : des enseignants en général) promettraient de bonnes notes ou le paiement des frais de scolarité à leurs « proies », en échange de faveurs sexuelles. Aucune des victimes n’aurait porté plainte.

Le TI-MG et l’ONG Tolotsoa plaident en faveur de l’adoption par voie d’arrêté ministériel du Pacte d’intégrité corporelle dans l’éducation et l’Enseignement supérieur (PICEES), afin de le rendre obligatoire dans tous les établissements scolaires et universitaires, pour lutter contre ce fléau. « L’éducation est importante pour l’avenir des jeunes et du pays. Si les étudiants et les enseignants sont impliqués dans la corruption dans l’éducation, cela détruira le pays », alerte Malala Raonintsoa.

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