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Editorial

Le décor de l’ enfer

32 degré Celsius à Antananarivo pendant trois jours. Soit plus chaud qu’à Mahajanga et à Toliara. C’est dire. Un véritable chaudron. Un essai grandeur nature de la future résidence des pécheurs invétérés. Le réchauffement climatique est loin d’être une aberration. Il est concret et se vit au quotidien. Il fera de plus en plus chaud au fil des années étant donné que l’environnement se détériore à une vitesse supersonique. La déforestation avance à pas de géant et vue d’œil. Eh oui, le dicton qui dit qu’on ne pourra pas anéantir la forêt de l’Est doit être rangé dans les archives.

Un survol en avion du littoral Est permet de constater avec horreur des espaces rasés, des centaines de milliers d’hectares de terrain dénudés par où est passée la main impitoyable de l’homme. Le spectacle offert par le massacre fait froid dans le dos.

Et cela continue d’une année à l’autre sans que l’État puisse juguler le mal. On a beau avoir un ministère de l’Environnement, sans une réelle volonté de préserver la biodiversité, sans moyen matériel et humain correspondant aux objectifs, tout restera discours creux et beaux verbiages. Cela doit commencer par des mesures réalisables et réalistes. On avait décrété l’interdiction de l’usage des sachets en plastique le 1er octobre 2015 mais cela n’a jamais été effectif. L’enjeu financier autour de la production de sachets en plastique est trop important que l’État a préféré laisser le décret lettre morte. Le cœur et la volonté n’y sont pas.

Aux Seychelles, la protection de l’environnement se traduit par l’interdiction de couper l’arbre fruitier qui pousse dans votre cour sans autorisation des responsables environnementaux. En Éthiopie, tuer ou capter un oiseau est puni par une peine de prison. Au Rwanda l’usage du sachet plastique est banni depuis plusieurs années.

La pauvreté est toujours le prétexte indiqué pour ne pas appliquer des mesures salutaires pour la société et l’humanité. Résultats des courses, on est en train de vivre le décor de l’enfer avant le dernier jugement. La terre est en train de devenir un four crématoire où on finira tous grillés, les bons comme les mauvais. Le drame est que face à l’incapacité des dirigeants de prendre des mesures radicales et impopulaires, surtout à un an de l’élection présidentielle, le drame semble irréversible.

Même la nuit la chaleur et l’odeur nauséabonde dégagée par les toilettes à ciel ouvert d’une agglomération de trois millions d’habitants dont la plupart n’ont aucune notion d’hygiène, sont insupportables. Quand la ville est laissée déserte par ceux l’animent dans la journée, il reste les émanations fécales et crasseuses qui squattent l’atmosphère.

Eh oui, Antananarivo est une ville dont l’avenir est sérieusement compromis par une démographie incontrôlée, un urbanisme sauvage, une anarchie contagieuse, un incivisme viral. La coupe est pleine.

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