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Editorial

Un petit pas pour l’immunité

Regain d’espoir. Des indices boursiers, le CAC 40 à Paris et le Dow Jones à New-York, ont salué en fanfare l’annonce de l’efficacité d’un vaccin anti-coronavirus par les laboratoires américains Pfizer et Biontech. Ils ont enregistré des bonds exceptionnels. Mais à travers le monde, cette excellente nouvelle, selon Donald Trump encore sous le choc de sa défaite « médiatique » à la présidentielle américaine, n’a pas soulevé un enthousiasme particulier. Il est difficile de croire que les autorités chinoises, russes ou turques allaient féliciter cette trouvaille des scientifiques américains. La bataille financière et géopolitique autour des grandes enseignes pharmaceutiques étant ce qu’elle est, personne ne va accepter l’ascendance de l’autre à l’échelle planétaire. Le vaccin russe annoncé en grande pompe par Vladimir Poutine en personne, n’a convaincu que quelques membres de sa famille et des oligarques tenant les leviers du pouvoir au Kremlin. Aujourd’hui, le coronavirus continue de se propager de plus belle en Russie. D’autant que l’antidote de la Covid-19 proposée par Pfizer et Biontech, au-delà du suivi strict des protocoles sanitaires obligatoires d’usage en la matière, n’affiche qu’ une réussite probante de 90% sur les volontaires cobayes.

Les 10% « insensibles » à cette « potion magique » préventive laissent perplexes les éventuels clients à la vaccination massive. Un sondage d’opinions effectué en ligne par une chaîne de télévision française continue d’infos a révélé l’incroyable. Seuls 17% de l’ensemble du panel qui a répondu à la question ont souhaité faire l’essai d’un vaccin. De fabrication française de préférence.

L’annonce faite par des Américains coïncidait avec la signature de la « reddition » des Arméniens dans la guerre qui les opposait aux Azéris dans la région séparatiste azerbaïdjanaise de Nagorny Karabach. Trop heureux d’obtenir un armistice en leur faveur, de savourer leur succès, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan n’ont pas eu le temps de s’attarder sur l’évolution des recherches pour endiguer l’avancée de la pandémie à travers le monde. Cette coalition stratégique russo-turque, aux velléités expansionnistes assez marquées ces dernières années, constitue déjà une entrée chaude de choix au menu de Joe Biden. Toujours suspendu aux caprices de Donald Trump pour pouvoir « entrer dans l’histoire ».

En fait, aucun remède préventif ou curatif du coronavirus ne fera l’unanimité. Les « savants » de chaque pays peuvent vanter ce qu’ils ont mijoté sans contraindre les autres à admettre leurs intimes convictions. L’arbitrage, partial ou impartial, de l’Organisation mondiale de la santé, elle-même sous les feux de la critique sur sa gestion de la crise sanitaire, n’aura aucun effet sur ce conflit d’égo.

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