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Editorial

Évasion sanitaire

Il y a de quoi faire une enquête. L’astuce est monnaie courante depuis plusieurs décennies. Une haute personnalité condamnée par la justice se fera délivrer un billet d’hôpital pour échapper aux affres des prisons. Du moins avant l’avènement de la prison cinq étoiles d’Imerintsiatosika ou, semble -t-il, on y passe un séjour inoubliable. La pratique vaut pour tous les genres de condamnation et pour tous les criminels. Elle y séjournera le temps qu’il faudra pour que la mémoire collective l’oublie de même que les archives du tribunal. Une peine de dix ans de travaux forcés à perpétuité se transforme ipso facto en une amnistie sans décret. À charge pour le condamné de se faire totalement discret pour ne pas éveiller les soupçons. Le temps fera le reste.

Les hôpitaux sont ainsi l’asile préféré des condamnés. Il va sans dire qu’il y a une complicité évidente entre tous ceux qui s’occupent du « client ». Une affaire de gros sous qui pourrait faire des fonctionnaires concernés des nouveaux riches si le client s’est fait attraper pour avoir trempé dans les affaires de trafic en tous genres. Ils ont beau prêter serment et jurer honnêteté et droiture, l’occasion est trop tentante pour être ratée. Ils auront beau travailler vingt ans, ils ne pourront jamais gagner autant qu’ils peuvent gagner en un seul coup.

Les mauvaises conditions de traitement des fonctionnaires sont une des principales causes de la corruption. On pourra mettre les agents du Bianco dans tous les bureaux, la corruption pourra se faire à travers la démonétisation pour ne pas laisser des traces. En tout cas, la justice, les hôpitaux et le monde carcéral restent bel et bien le chantre de la corruption. Une véritable gangrène qui nécessite une amputation.

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