Accueil » A la une » Campus de Maninday – Un surpeuplement toujours non résolu
A la une Régions

Campus de Maninday – Un surpeuplement toujours non résolu

A cause de la vétusté des installations, un court-circuit a réduit en cendres cent trois cases d’étudiants.

L’incendie d’une centaine de cases d’étudiants à l’université de Toliara, jeudi, remet en cause le nombre trop insuffisant de dortoirs pour quelque deux mille étudiants.

Invivables. Les conditions dans lesquelles vivent deux mille étudiants émigrants au campus de Maninday, à l’université de Toliara, sont déplorables. Seize mètres carrés pour huit personnes. Un espace servant à la fois de dortoir et de cuisine. Les modalités sanitaires sont effarantes. Les blocs préfabriqués conçus dans les années 80 pour les étudiants, n’ont qu’une durée de vie de quinze ans. Soixante-deux blocs ont été construits pour en accueillir mille cinq cents étudiants au maximum. Ils sont aujourd’hui inutilisables et, semble-t-il, présentent de sérieux « risques cancéreux ».

Dix mille étudiants fréquentent aujourd’hui l’université de Maninday. Ceux qui viennent des autres régions sont les plus « sinistrés » en logement vu qu’il n’y a pas de dortoirs capables de les contenir. Des squatteurs envahissent également le domaine de 400 ha occupé par l’université de Toliara. Ils n’en restent plus qu’une dizaine d’hectares à ce jour. La construction de petites cases en matériaux locaux, ou en tôles, ou même en dur, constitue un business juteux pour ces squatteurs qui font louer un 4m2 à 10 000 ariary par mois pour les cases en matériau local.

Stratégie

« C’est mieux que rien », explique Teandraza, étudiant en troisième année venant d’Androy. « C’est un prix raisonnable vu la situation financière de ma famille. On n’a pas le choix face à l’incapacité d’accueil en infrastructures de l’université », poursuit l’étudiant qui a perdu sa case jeudi, à cause d’un incendie provoqué par un court-circuit.

Cent trois cases sont parties en fumée ce jour-là mettant trois cents étudiants en situation encore plus difficile. « Ils sont casés temporairement dans les salles que nous appelons DC4. L’université et les autorités locales ont fourni des vivres d’urgence et quelques effets personnels. Une demande d’autres besoins a déjà été envoyée à divers responsables », souligne Andriamanantena Razafiharison, président de l’université de Toliara. Pour lui, la principale solution consiste à construire de nouveaux logements pour les étudiants.

« Deux bâtiments ont été construits en 2009 qui auraient pu recevoir deux cent quarante étudiants chacun. Mais les travaux n’ont jamais abouti car l’entrepreneur aurait eu des démêlés avec la justice laissant les bâtiments dans leur état inachevé. Il n’y a notamment ni électricité, ni sanitaires, ni fenêtres. Les démarches pour une nouvelle demande de financement de ces travaux réclament encore un long processus. La construction d’un nouveau campus reste la meilleure solution», insiste-t-il.

La loi de finances prescrit la construction de dortoirs pour cent soixante étudiants cette année. Cependant, il y a aussi le fait que le problème d’occupation illicite reste un problème non résolu depuis des années. Les squatteurs utilisent l’électricité de l’université. Il a été suggéré, il y a quelque temps, de prendre des mesures radicales : les expulser par la force. Mais c’est encore une entreprise qui s’avère encore trop difficile.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

Voir aussi