Editorial

L’enfer du décor

L e pape parti, les démons dansent. Il n’a fallu que 24 heures après le retour à Rome du pape François pour qu’on retrouve l’enfer au quotidien à Antananarivo. Les bouchons ont repris leur place dans toutes les artères de la ville, l’indiscipline reste indecrottable , l’incivisme est omniprésent. La belle solidarité, la propreté, l’ordre font désormais partie des souvenirs périssables de ce moment historique. Le président de la République, Andry Rajoelina a beau faire appel aux citoyens pour garder ce bel élan national afin de se projeter vers le futur, il semble prêcher dans le désert.

L’embellie aura donc été de courte durée et sans la présence permanente des forces de l’ordre, bien que désarmées pour le besoin de la cause, on revient à la situation normale.

La discipline observée serait-elle due au fait qu’on avait affaire à des enfants du bon Dieu, à des catholiques purs et durs ? Cela explique-t-il qu’il n’y avait presque aucune bavure, exceptée la poussière, invitée par le diable, à Soamandrakizay avant comme après la messe alors qu’il fallait gérer un million de personnes ?

Cet événement aura été riche en enseignement. Il arrive à point nommé au moment où les élections communales vont se tenir. Le futur maire d’Antananarivo sait à quoi s’en tenir pour instaurer l’ordre dans la ville. Comme il y autant de catholiques que d’origine inconnue parmi les trois millions d’individus qu’abrite la ville, le moyen de gouverner reste une main de fer. À moins de trouver un candidat de la trempe du pape François qui inspire respect, admiration, vénération. Pourquoi pas après tout? Le clergé pourrait bien être la solution face à cette pénurie chronique de candidat valable. Il y a déjà eu beaucoup de pasteurs candidats à la présidentielle de 2018. Il est peut-être temps d’accorder une chance aux hommes à soutane.

Pourtant, l’organisation de la visite du pape a montré qu’il existe encore des compétences variées dans divers domaines. Ils ont en plus la volonté, la détermination et le patriotisme nécessaire pour faire avancer le pays. Les Barea ont montré que quand on veut on peut. Il faut justement maintenir le tempo donné par les Barea et le pape pour gagner d’autres défis.

Assumons notre souveraineté, notre indépendance en prenant en main notre avenir, sans compter sur la visite de personnalités étrangères pour nettoyer notre foyer. Il est vrai que la route de l’enfer est pavé de bonnes intentions.

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