Santé Social

Santé oculaire – Le « keratocône » touche davantage les jeunes

Peu connu, le keratocône peut faire perdre la vue. Le seul moyen de le traiter consiste à faire une greffe des cornées touchées pour éviter l’aggravation de la maladie.

Plus de 90 % des malades diagnostiqués au niveau du service de l’ophtalmologie du centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA), souffre d’une maladie oculaire dénommée « Keratocône ». Cette maladie se caractérise par une déformation de la cornée entraînant des troubles visuelles de l’individu. Actuellement, la tranche d’âge varie de 18 à 32 ans. « Les sujets jeunes sont les plus touchés par ce trouble affectant la cornée.

Ce dernier peut entraîner la perte totale de la vue s’il atteint un degré avancé », indique le Professeur Lea Raobela, chef de service d’ophtalmologie au CHU JRA.

Le prix du traitement se révèle couteux, surtout pour l’évacuation sanitaire. « Pour la transplantation cornéenne, le malade a besoin de plus de 6 000 euros, incluant le frais et l’achat des greffons de cornée », enchaine le Professeur. Face à cette cherté, des transplantations gratuites ont été octroyées aux malades. Comme d’autres maladies, les causes peuvent être multiples. Cela peut provenir d’une blessure ou de différentes bactéries.
Transplantation gratuite

« Les blessures ou les frottements ainsi que des microbes à l’issue d’une conjonctivite allergique, pourraient être à l’origine du keratocône », enchaîne-t-elle.

Traitable par le biais d’une greffe de cornée, la transplantation fait partie des moyens efficaces pour traiter la mala-die. Alors pour alléger le coût des traitements, des opérations gratuites sont effectuées au sein du CHU JRA, chaque mois d’août. Actuellement, plus d’une soixantaine de malades ont bénéficié d’une transplantation de cornée, au sein du service ophtalmologique de cet hôpital. « Chaque année plus d’une dizaine de personnes bénéficie d’une opération gratuite au niveau du CHU JRA Ampefiloha, et ce, en partenariat avec le CHU de Lyon qui dispose d’une banque de cornées », explique le Professeur Léa Raobela. Cette année, des dizaines de sujets ont subi une greffe la semaine dernière, la deuxième vague sera traitée à partir de cette semaine. « Depuis 2012, les ophtalmologues français ont formé les spécialistes malgaches sur le contour de la transplantation. Ainsi en 2015, ce sont les ophtalmologues malgaches qui ont effectué la greffe» raconte-t-elle.

Répertoriés sur liste, les sujets sont diagnostiqués avant d’être admis comme bénéficiaires. « Le triage se fait lors du premier diagnostic des médecins. Alors, ceux qui ont les deux cornées touchées et ceux qui se trouvent dans un stade grave, sont priorisés. Les autres sont mis en liste d’attente pour la prochaine opération. J’invite les personnes qui souhaitent subir une transplantation à se faire diagnostiquer auprès de notre service. Elles peuvent s’inscrire pour les prochaines transplantations », conclut-elle.