Chronique

Route Nationale trottoir

La Route Nationale, c’est littéralement le pas de la porte de nombreux villages qui se sont bâtis en fonction des RN1, RN2, RN3, RN4, RN7.

Sur la RN2, les deux villes de Manjakandriana et Moramanga comme Imerintsiatosika sur la RN1 ont la Route Nationale comme rue principale. Et ce ne sont que poids lourds et taxi-brousses à longueur d’année. Un encombrement quotidien. On pourrait tellement laisser les marchands où ils ont pris l’habitude, mais percer une rocade qui contourne rapidement les trois localités pour ceux dont la destination est plus éloignée.

C’est déjà le cas d’Arivonimamo ou de Miarinarivo sur la RN1 et d’Ankazobe sur la RN4. Ces trois localités anciennes sont desservies par une Route Nationale qui y conduit sans y faire intrusion, laissant ce soin à une desserte locale. Les automobilistes n’encombrent plus plusieurs heures par jour leur rue principale. Parce que celle-ci n’est pas la Route Nationale. Les locaux ne sont pas envahis par une circulation automobile incessante.
Les voyageurs au long cours ne perdent pas de temps à avancer au pas au coeur d’un marché qu’ils n’ont pas choisi d’arpenter. À ce titre, il semble d’ailleurs absurde d’avoir condamné en sens unique l’entrée Ouest d’Ankazobe, contraignant les marchandises et les passagers en provenance de Majunga à pénétrer de nouveu au coeur de la bourgade.

Il faut laisser aux gens le choix. C’est une particularité des collines emblématiques de l’Avaradrano : ni Ilafy, ni Ambohimanga, ni Ambohidrabiby, ne donnent directement sur la RN3. Non, elles sont juchées sur leurs collines altières. Pour un pan d’histoire, il faut en faire le choix délibéré et sortir des chemins battus. Pour les autres, «circulez, il n’y a rien à voir» et ils devraient justement pouvoir circuler et ne rien voir par une voie rapide de contournement. Par exemple, chaque mardi dédié, passer au large de Talata-Volonondry dont la RN3 devient une annexe de sa place de marché.

On le voit à Mahazo ou au pont de Mandroseza en bordure de la Ville d’Antananarivo. Et comme au coeur de la Capitale avec ses marchands en pleine rue, ici également les marchands refusent d’intégrer les marchés qu’on leur a aménagé. Ils préfèrent tenir étal devant les roues des voitures : c’est peut-être pratique pour ceux dont le marché était la destination, c’est moins commode pour les autres, prisonniers d’un trafic perturbé. Comme c’est le cas aussi à Mahitsy, sur la RN4.

Ce tour d’horizon-inventaire offre l’occasion d’attirer l’attention sur ces villes qui semblent s’aligner de part et d’autre de la Route Nationale, donnant l’impression d’être un décor pour voyageurs, sans un arrière-pays pour de vrais habitants. Poids lourds bruyants et encombrants, taxi-brousses dont la halte est ailleurs, automobilistes pressés d’aller à Antsirabe ou de rentrer sur Antananarivo : ils se voient imposer le passage par le centre-ville, comme c’est par exemple le cas à Ambatolampy où la RN7 ne fait que passer. Le quartier du «Rendez-Vous des Pêcheurs» serait tellement plus tranquille si le fret et les voyageurs pouvaient emprunter un by-pass qui leur fait contourner la Ville dont ils n’ont aucune intention de goûter la gastronomie. Et de laisser les autres inventer une vie à cette tranquillité retrouvée.

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  • Cela peut également être dans le sens inverse. Des maisons qui viennent s’installer en bordure de ces routes nationale. Il est un fait, que toute nouvelle route et de surcroît une route nationale, engendre souvent un developpement au sein d’un village et à contrario peut être néfaste lorsqu’elle ne passe plus (ex Route 66 aux Etats-Unis). Je me plais souvent à penser si le foie gras de Behenjy, l’aluminium de Ambatolampy ou la marqueterie de Ambositra aurait connu telle notoriété si la RN7 n’y passait pas.