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Energie : L’électrification rurale reste un luxe

Le taux de pénétration de l’électricité ne représente que 6% en milieu rural, les micro-projets en fourniture énergétique sont encouragés.

Laissé pour compte, le fokontany de Fialofa, située dans la commune rurale de Sarobaratra dans la région Itasy, à une vingtaine de kilomètres d’Analavory, a été électrifiée depuis la semaine dernière grâce à l’opérationnalisation de la centrale hydroélectrique d’Andriamamovoka, située à quelques kilomètres en amont de la localité concernée. Cette infrastructure, constituée d’un barrage avec canal d’amenée ainsi que d’une centrale de production régulée, représente une capacité électrique de 100kW qui servira, pour l’instant, à éclairer trois fokontany seulement sur les sept qui constituent la commune de Sarobaratra.

Ainsi, trois mille âmes réparties dans six cent cinquante ménages bénéficieront de l’installation dont la réalisation aura coûté la bagatelle de 186.000 euros. Sur cette somme, 150.000 euros proviennent des bailleurs de fonds telles que l’union Européenne, la commission de l’océan Indien ou encore la fédération genevoise de coopération. Les 57.000 euros restant représentent des dons d’équipement provenant de partenaire technique de WeLight, la joint-venture et branche énergie du groupe Axian et Sagemcom qui sera en charge de la gestion de la centrale. « Il aura fallu attendre un quinquennat pour voir ce projet se concrétiser. C’est en 2014 que l’idée a germé, que les organisations comme le Centre Écologique Albert Schweitzer (CEAS), l’agence de développement de l’électrification rurale, l’association (ADER) ou encore l’association de Partenariat Technique à Madagascar (PATMAD) se sont attelé sur ce projet hydroélectrique pour notre commune. Malgré les moyens investis, l’implication des acteurs du privé, la moitié des habitants de notre localité ne peut encore jouir de ces avantages », souligne Guy Albert Randrianarimanana, maire de la commune de Sarobaratra.

Blocage

Une façon pour ce responsable local de mettre l’accent sur la difficulté d’accès à l’énergie pour les localités en situation d’enclavement qui se comptent par centaine dans tout Madagascar. Selon les techniciens de l’ADER, les coûts d’investissement pour l’utilisation des énergies sont fonction des politiques de subvention, ainsi que des temps de retour sur investissement. Les applications électriques renouvelables ont atteint un niveau de maturité technologique uniquement pour les faibles puissances comme le projet d’Andriamamovoka. Elles sont donc plutôt adaptées pour des usages domestiques ou communautaires et pas suffisamment mûres pour des usages productifs. Les blocages majeurs restent socio-économiques. En l’absence d’innovations dans les modes de diffusion, de promotion, de gestion institutionnelle des projets et de suivi par une gestion de la maintenance adaptée, ces blocages font que l’électrification rurale décentralisée concerne davantage des programmes pilotes que des projets de grande envergure. « L’électricité est un élément fondamental du bien-être des populations. Elle permet aux enfants de faire leurs devoirs même après la nuit tombée, aux femmes de se sentir plus en sécurité dans des rues bien éclairées, et aux commerces de rester ouverts tard le soir. Ainsi, elle ne permet pas à elle seule de créer toutes les conditions de la croissance économique, mais elle est évidemment essentielle pour répondre aux besoins vitaux de l’être humain et faciliter le développement des activités économiques. Cependant, son accès reste un luxe pour les villages similaires à Fialofa », déplore Zafimahaleo Rasolofondrasolo, président de l’association PATMAD.

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  • toutes les rivières dans la région de l’Itasy sont équipés d’un emplacement pour un pico-turbines tous les 5 kilomètres….qui a « mangé » les pico-turbines ???