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Magistrature – L’heure est à l’autocritique

Le ministre de la Justice François Rakotozafy (à dr).

Le coup d’envoi du symposium de la magistrature a été donné, hier, au CCI Ivato. La résolution des deux jours de débats devra être connue cet après-midi.

Pour une justice respectable et respectée. Une formule utilisée par François Rakotozafy, ministre de la Justice, en ouverture du symposium des magistrats, hier, au Centre de conférence internationale (CCI) d’Ivato. Une formule qui résume aussi le but de cette réunion qui dure deux jours.

Depuis hier, jusqu’à aujourd’hui, les magistrats devront apporter des réponses aux enjeux soulevés par le thème: “La magistrature malgache face aux attentes des usagers de la Justice”. Pour l’occasion, toutes les juridictions du pays ont été représentées. Le CCI Ivato fourmille de magistrats. La dernière fois qu’il y a eu une telle concentration de juges dans la capitale était l’assise nationale de la magistrature, au Panorama Andrainarivo, en 2012. Avant cela, il y a eu une autre réunion nationale en 1998.

Durant les deux premiers rendez-vous nationaux de la magistrature, surtout celui de 2012, il a été plus question des conditions de travail des juges. Cette fois-ci, ils cogitent donc sur la meilleure manière de répondre aux attentes des justiciables. Comme le concède le garde des Sceaux de la République, les circonstances l’imposent. “La Justice souffre d’une crise de confiance de la part de la population (….) Face aux critiques virulentes contre le système judiciaire, nous ne pouvons rester de marbre. Nous avons l’obligation d’y apporter de grands changements, pour mettre en place une Justice respectable et respectée”, déclare ainsi François Rakotozafy.

Comportement et attitude

Comme il s’est dit dans les travées du CCI Ivato, si les magistrats sont si nombreux à avoir répondu à l’appel du ministère de la Justice, c’est que le thème les intéresse, qu’ils ont des choses à dire et qu’ils veulent être écoutés. Certes, mais l’initiative de tenir ce symposium découle des kyrielles de reproches faites contre la Justice et la magistrature durant le colloque national sur le foncier, qui s’est aussi tenu au CCI Ivato, en juin.

Le ministre Rakotozafy et ses collaborateurs n’ont de cesse de défendre que la Justice n’a pour rôle que de trancher sur les litiges fonciers, mais n’en est nullement la cause. Seulement, les multiples critiques, souvent virulentes, formulées directement durant le colloque de juin, témoignent du mal-être que ressent une partie de la population, surtout les plus vulnérables, vis-à-vis du système judiciaire.

“Étant donné que les décisions judiciaires sont rendues au nom du peuple malgache, nous ne pouvons pas sous-estimer ce que la population attend de nous, c’est-à-dire, une Justice transparente, impartiale et non discriminatoire”, reconnaît le garde des Sceaux. Il souligne que le symposium escompte aborder de manière franche et objective les maux qui minent le monde judiciaire. Face à la presse à l’issue de la cérémonie d’ouverture, le membre du gouvernement résume l’objet du rendez-vous par “l’amélioration de la qualité du travail et des services destinés aux usagers de la Justice”. Les participants au symposium des magistrats débattent au sein de cinq commissions en vue d’une résolution qui, sauf changement, sera actée et publiée cet après-midi. Outre les sujets des travaux de commission, le ministre de la Justice a soulevé la question du comportement et l’attitude des magistrats. Comme le souligne François Rakotozafy, “les écarts de conduite de certains d’entre-nous ébranlent l’image des magistrats malgaches. Le moment est venu de faire une remise en question. De prendre conscience que nous avons une responsabilité collective et individuelle pour redorer le blason de la Justice”.

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