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Économie bleue – La pollution terrestre menace l’environnement marin et côtier

Jacquis Rasoanaina, coordonnateur national de la Convention de Nairobi.

L’environnement marin et côtier se détériore progressivement. La pollution due aux sources et aux activités terrestres est importante. Les érosions s’amplifient. La destruction des mangroves s’accélère. Les eaux de rivière et les eaux usées qui se déversent dans la mer contiennent des produits toxiques pour la faune et la flore marine.

À titre d’exemple, 250 tonnes de boues à l’hectare par an se déversent dans la mer, selon les estimations. «Les bateaux ne peuvent plus venir à Marovoay, car une vague de boue déferle vers l’embouchure de la baie Bombetoka, à Boanamary et s’accumule dans cette baie», signale Jacquis Rasoanaina, coordonnateur national de la Convention de Nairobi sur la protection, la gestion et la mise en valeur du milieu marin et côtier. C’était dans le cadre de la sixième réunion du comité de pilotage du programme d’action stratégique pour la protection de l’environnement marin et côtier de la région de l’océan Indien Occidentale contre la pollution due aux sources et aux activités terrestres, qui s’est tenue à Nosy Be Hell-Ville les 6 et 7 juillet. La couleur marron-rouille du fleuve de Betsiboka, durant toute l’année, prouve cette présence importante de boue dans ce fleuve, d’après

Yves Mong, directeur du Centre national de recherche sur l’environnement (CNRE). Les érosions, favorisées par la destruction de l’environnement se multiplient à l’Ouest de l’île. «Dans le district de Betsiboka, les érosions ont renversé toute une montagne et ont couvert des hectares de rizière, il y a quelques années», rapporte Jacquis Rasoanaina. Il souligne que la déforestation accentue le phénomène d’érosions, en ce moment. Yves Mong signale, également, la présence de produits toxiques dans les eaux qui se déversent dans la mer. «Le mercure utilisé dans les exploitations minières peut contaminer les poissons en aval. Alors que les exploitations minières gagnent du terrain. Les déchets plastiques, ainsi que les autres déchets comme les vidanges, les piles qui se versent dans les égouts vont se jeter dans la mer.», explique-t-il.

Restauration de la mangrove

Plusieurs actions sont menées via le programme d’action stratégique pour la protection de l’environnement marin et côtier de la région de l’océan Indien occidental contre ces pollutions dues aux sources et aux activités terrestres (WIOSAP). Le but est d’améliorer et de maintenir la santé environnementale des régions aquatiques et de ses écosystèmes, à travers la gestion améliorée des stresses environnementales. La restauration de la forêt de mangroves dans le village d’Ambatolampy, à Ambatomalama, dans la commune de Boanamary, est l’un des principaux projets qui avance, actuellement. Le projet de renforcement du cadre réglementaire et des capacités nationales de surveillance des rejets d’effluents, de la qualité de l’eau et des sédiments dans les zones côtières et marines de Madagascar est en cours de réalisation. La surveillance de la pollution et la qualité de l’eau de mer par bateau dans la baie de Bombetoka, la collecte et la mise à jour des données dans la baie de Bombetoka Mahajanga, la formation et le renforcement de capacités des officiers de police judiciaire (OPJ) sur l’échantillonnage de l’eau et des sédiments sont déjà en marche. Par ailleurs, un système de gestion durable des cours d’eau et des bassins de l’Ouest sera mis en place. «Le cadre réglementaire est capital. Il est difficile pour l’Etat d’agir, sans cela.», insiste le directeur du CNRE, tout en rappelant les problèmes de l’Etat avec une grande société à Tolagnaro, récemment.

Chaque représentant des dix pays bénéficiaires, à savoir Afrique du Sud, Madagascar, Comores, Réunion, Kenya, Maurice, Mozambique , Seychelles, Somalie et Tanzanie, a présenté ses réalisations durant cette sixième réunion du comité de pilotage du projet WIOSAP de la Convention de Nairobi. C’était, également, un moment d’échange des bonnes pratiques pour la conservation de la biodiversité marine et côtière, le développement des zones côtières et marines, le renforcement de partenariat entre secteur public, privé et agences intergouvernementales et le développement et l’adoption de l’approche régionale et locale.

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