Culture

Photographie – Le nu artistique sort de l’ombre

Le photographe Onjabe opte pour le nu artistique pour se dévoiler au grand public.

Pour sa première exposition, le photographe Onjabe évoque le nu artistique à travers « Ombre et lumière ». Selon l’artiste, cette discipline doit sortir de l’ombre et être considérée à sa juste valeur artistique.

Une ode à la beauté du corps. Le photographe Onjabe expose « Ombre et lumière » au Chik’n’Art à Akorondrano, du 12 juillet au 12 août. Cette première exposition de l’artiste dévoile l’anatomie de la femme sous tous les angles et écarte toute forme de vulgarité. Le vernissage se tiendra ce soir à 19 heures. L’art prend le dessus dans cette forme d’expression pas très catholique et que le photographe lui-même a opté pour se dévoiler au grand public et partager sa passion dévorante dans la photographie. Douze clichés en noir et blanc de 35/40 centimètres, composent cette exposition. À travers cette dernière, le photographe expose et s’expose à la fois, sortant lui-même de l’ombre pour se mettre en valeur dans la lumière.

C’est un thème récurrent qui met en dualité deux univers que le photographe illustre, notamment entre le bien et le mal. « Le nu artistique est trop vite jugé à première vue à Madagascar. Pourtant plusieurs photographes locaux excellent dans ce domaine. Ce n’est pas forcément une apologie du sexe, ni de la dépravation et il est temps de porter les lumières à cette discipline artistique qui a ses adeptes, depuis la nuit des temps », confie Onjabe ou Onja Razafitsialonina de son vrai nom. « Dans mon exposition, l’ombre met en valeur la lumière et vice versa, pour sublimer la beauté du corps de la femme. À chacun de chercher un équilibre pour pouvoir arriver à une bonne lecture des œuvres artistiques, même si c’est du nu », rajoute-t-il.
L’idée de s’exprimer à travers du nu artistique a germé, depuis un moment, dans la tête de cet ancien responsable d’un magasin d’optique.

Climat de confiance
Un modèle a assuré le shooting d’une journée entière sous l’œil photographique d’Onjabe. « J’ai travaillé avec lui depuis longtemps sur d’autres projets qui n’ont rien à avoir avec du nu. Le climat de confiance avec le photographe est très important. Sa femme me connaissait et elle est au courant lorsqu’Onjabe m’a fait cette proposition. J’ai pris ça comme un défi pour moi-même et pour mettre en valeur son talent », avoue Koloina, étudiante en deuxième année en Finances.
Ce n’est pas du tout de la pornographie et le photographe veut que ça se sache. De même pour ses modèles, l’aspect artistique prime avant tout. Elles, qui assument leur rôle en tant que modèles, sont prêtes à éclaircir l’opinion publique à ce sujet. C’est la raison pour laquelle elles acceptent de dévoiler leur visage à travers certaines poses.

« Certes, le nu dérange. Mais il fait partie des disciplines artistiques que bon nombre d’artistes de toutes les époques dans plusieurs pays du monde, pratiquent magnifiquement bien. Notre démarche vise à aider les gens à savoir les apprécier avec une ouverture d’esprit », précise Thierry Michel Ramelison, manager de Chick’n’Art. L’endroit qui se base sur trois piliers à savoir le social, l’économique et le culturel, adoube ainsi le nu artistique comme une forme d’art qui mérite d’être apprécié en s’appuyant sur la valeur artistique des œuvres.